Nicolas Bay (FN) critique la réforme du Code du travail qui va "donner un pouvoir considérable aux syndicats"

Publié à 10h11, le 23 août 2017 , Modifié à 14h48, le 26 décembre 2017

Nicolas Bay (FN) critique la réforme du Code du travail qui va "donner un pouvoir considérable aux syndicats"
Nicolas Bay. © Montage le Lab

Cette semaine, c'est la rentrée pour Muriel Pénicaud et pour les syndicats. Ces derniers sont reçus par la ministre du Travail depuis mardi pour commencer une petite semaine de négociation sur la loi Travail. Si la plupart des critiques envers cette réforme du Code du travail anticipe une perte de pouvoir des salariés et de leurs représentants dans les accords d'entreprises, pour Nicolas Bay, secrétaire général du Front National, c'est tout l'inverse.

Interrogé à ce sujet, sur LCI ce mercredi 23 août, Nicolas Bay rétorque :

 

Donner un pouvoir considérable aux syndicats, c'est pas du tout une bonne solution, d'autant qu'ils ne sont pas très représentatifs. Les accords d'entreprises plutôt que les accords de branches donneraient un pouvoir supplémentaire en l'occurrence aux syndicats. Évidemment qu'on peut, dans l'absolu, se dire qu'il faut réformer le Code du travail, et le simplifier, mais pas en fragilisant les salariés comme le fait le gouvernement.

Car Nicolas Bay ne considère pas les syndicats comme défendant les intérêts des salariés. En cause, selon le député européen, un manque de représentativité. Il continue :

 

Les syndicats dans notre pays ont peu de légitimité, parce que leur représentativité est très fragile. Par conséquent, ils ne sont pas en situation de défendre les salariés. Je crois que beaucoup de syndicats sont résolus à accepter les dispositions de la loi Travail et ont renoncé à s'y opposer.

Pour Nicolas Bay, mieux que réformer le Code du travail, "ce dont les entreprises françaises ont besoin, c'est une baisse de la fiscalité, une baisse des charges pour être plus compétitives".

La réforme portée par Muriel Pénicaud entend donner plus de pouvoirs pour les branches. Parmi les principaux points déjà arbitrés, l'articulation entre accords de branches et d'entreprises a abouti à un relatif consensus, selon l'exécutif. Sous la pression de FO, les prérogatives des branches vont en effet être renforcées grâce à une compétence exclusive dans cinq domaines, notamment la gestion des CDD, "CDI de chantier" et autres contrats courts.

Les ordonnances seront envoyées au Conseil d’État pour validation le 28 août. Le texte final sera présenté par Muriel Pénicaud et Édouard Philippe le 31 août et transmis dans son intégralité aux partenaires sociaux. Parallèlement, le Conseil constitutionnel rendra sa décision concernant la loi d'habilitation à légiférer par ordonnances, adoptée début août. Une journée de mobilisation est déjà prévue le 12 septembre, mais si le processus se déroule sans accroc, les ordonnances devraient être adoptées en conseil des ministres la semaine du 18 septembre, avec une publication au Journal officiel attendue autour du 25 septembre. Elles entreront en vigueur immédiatement, mais devront faire l'objet d'une loi de ratification pour être pérennisées.

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