Nicolas Sarkozy à "DPDA" : "Il n'y a pas un seul ministre qui veuille venir débattre avec l'ancien président de la République"

Publié à 21h22, le 04 février 2016 , Modifié à 00h17, le 05 février 2016

Nicolas Sarkozy à "DPDA" : "Il n'y a pas un seul ministre qui veuille venir débattre avec l'ancien président de la République"

Pas de contradicteur ? Très bien. Pas de problème. Cela ne dérange AB-SO-LU-MENT pas Nicolas Sarkozy. Enfin bon, cela n'est tout de même pas très respectueux... ni très démocratique. Nicolas Sarkozy ne va pas laisser passer l'occasion de le préciser.

Le président de Les Républicains est l'invité de Des Paroles et des Actes sur France 2, jeudi 4 février au soir. Et alors que plusieurs responsables socialistes avaient été envisagés pour lui donner la réplique (Emmanuel Macron, Christiane Taubira, Marisol Touraine et Jean-Marie Le Guen qui a accepté avant de faire marche arrière), cela ne s'est finalement pas fait. Alors en plateau, durant les toutes premières minutes de l'émission, Nicolas Sarkozy tient à mettre les points sur les i.

Attention, il est "très heureux de débattre avec les Français" puisque, conformément au format de l'émission, trois d'entre eux vont lui poser des questions. Mais l'ancien chef de l'État fait un très long rappel de la préparation de l'émission et des refus successifs des différents ministres. "Consigne a été donnée pour qu'aucun responsable gouvernemental ne vienne débattre avec moi", attaque-il (ce qui est vrai selon les informations de Libération). Avant d'énumérer tous ces membres du gouvernement avec qui il aurait été "ravi" de débattre :

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Vous m'avez proposé vous-même de débattre avec Monsieur Macron, j'aurais été très heureux de parler avec lui de la politique économique de la France. Il a pas voulu. Ensuite, vous m'avez proposé de débattre avec madame Taubira : j'aurais été très heureux de lui parler d'une politique pénale que je combats sur chaque millimètre. [...] Mais après tout, elle a le droit d'avoir des convictions. Ensuite, vous m'avez proposé madame Touraine : j'aurais été ravi de débattre avec madame Touraine de cette invraisembable politique de santé. [...] Ensuite monsieur Le Guen. Je ne savais pas de quoi nous allions débattre, [mais] va pour monsieur Le Guen. C'était non.



Dois-je en conclure que sommes la seule démocratie au monde où les responsables gouvernementaux considèrent que leur devoir n'est pas de débattre avec le président de la première formation politique du pays ?

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C'est bien là que veut en venir Nicolas Sarkozy. Si quelqu'un refuse le débat ici, c'est bien la gauche au pouvoir. Et pas lui. Or, "les Français ont le droit de savoir ce qu'il en est", juge-t-il. Et d'enfoncer le clou :

 

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Il n'y a pas un seul ministre qui veuille venir débattre ce soir avec l'ancien président de la République et le président des Républicains. [...] Je veux que les gens sachent que c'est pas parce que je refuse le débat, au contraire. Le débat, il est essentiel.

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Au milieu de cette longue tirade, David Pujadas a bien tenté de faire reconnaître au chef de LR que lui aussi avait "récusé" plusieurs interlocuteurs. Et de citer Robert Badinter et Jean-Christophe Cambadélis. Selon les informations de RTL, c'est bien Nicolas Sarkozy qui a refusé de débattre avec le premier secrétaire du Parti socialiste. Mais Nicolas Sarkozy le conteste. Vigoureusement. "Pas du tout monsieur", répond-il ainsi au journaliste qui lui rappelle ses propres refus. 

Sur Robert Badinter, il reconnaît tout de même : "Je ne vois pas quel débat j'aurais eu avec monsieur Badinter." Et Cambadélis ? Il dit : "Pourquoi devrais-je débattre avec quelqu'un dont j'ai compris qu'il ne partageait pas l'ambition de la révision constitutionnelle ?" Une sorte de validation. Mais après avoir nié dans un premier temps.

Il a donc accepté tous les contradicteurs proposés, sauf ceux qu'il ne jugeait pas dignes de débattre avec lui. Logique.

Du rab sur le Lab

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