Nicolas Sarkozy estime qu'Alain Juppé reprend les propositions du FN en matière de sécurité

Publié à 18h54, le 05 janvier 2016 , Modifié à 19h00, le 05 janvier 2016

Nicolas Sarkozy estime qu'Alain Juppé reprend les propositions du FN en matière de sécurité
Nicolas Sarkozy et Alain Juppé © NICOLAS TUCAT / AFP
Image Sylvain Chazot


Parfois, Nicolas Sarkozy et François Hollande peuvent tomber d'accord. Le mieux, pour cela, c'est de se dégoter un ennemi commun. Ça tombe bien, Alain Juppé est disponible pour tenir ce rôle.

Le candidat à la primaire de la droite et du centre, réputé modéré, énerve beaucoup l'ancien et l'actuel président de la République. L'intérêt que lui portent les centristes les inquiète tous deux à un an et demi de la prochaine élection présidentielle.

Le chef de Les républicains a donc, comme François Hollande, apprécié le supposé virage droitier opéré par Alain Juppé, dans son livre Pour un État fort (éd. JC Lattès) puis dans son interview au Journal du Dimanche. Onze mois avant la fameuse primaire, Nicolas Sarkozy s'amuse de voir son principal adversaire muscler son jeu. Cela le servirait. 

Cité par Le Canard Enchaîné du mercredi 6 janvier, l'ex-chef de l'État dit :

Les propositions sécuritaires de Juppé, c'est du FN pur jus! Ça va peut-être faire réfléchir les bobos dont il est devenu l'idole.

Amusant : cité par Le Monde ce mardi 5 janvier, François Hollande dit à  peu près la même chose. "Les socialistes vont peut-être découvrir qu’Alain Juppé est à droite", savoure le chef de l'État, bien heureux de voir un homme supposé plus centriste que Nicolas Sarkozy - et qui pourrait donc lui siphonner quelques voix – droitiser son discours.

Là où la phrase de Nicolas Sarkozy est cocasse est que lui-même est souvent accusé de reprendre les idées du Front national. Ou même de faire le jeu du parti de Marine Le Pen, comme l'avait très sérieusement expliqué Christian Estrosi après sa victoire aux régionales en Provence-Alpes-Cote d'Azur. "Contrairement à lui, je ne pense pas que nous, élus Républicains, devions tenir un discours toujours plus à droite. Plus on va à droite, plus on fait monter le FN", avait-il déclaré à Paris Match. 

De son côté, Alain Juppé assure ne pas avoir changé. Et puis de toute façon, droite et gauche, c'est un vieux clivage. Lui préfère se définir comme "gaulliste".

Concrètement, l'ancien Premier ministre formule toute une série de propositions dans son livre Pour un État fort comme la création d'une police pénitentiaire pour améliorer le renseignement en prison, le retour des peines plancher ou le durcissement des conditions du regroupement familial. 

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