S'agissant des harkis, Hollande et Sarkozy attendent toujours la campagne présidentielle pour tenir leurs promesses

Publié à 12h00, le 25 septembre 2016 , Modifié à 14h03, le 25 septembre 2016

S'agissant des harkis, Hollande et Sarkozy attendent toujours la campagne présidentielle pour tenir leurs promesses
Nicolas Sarkozy et François Hollande le 19 septembre 2016 © JACKY NAEGELEN / POOL / AFP

C'est donc un week-end marqué par les harkis que vit cette fin septembre la France. À huit mois de l'élection présidentielle, les ambitieux ont quasiment tous tenus à afficher leur attachement à cette communauté. Pour certains, il s'agissait de tenir un engagement.

Dès samedi, à Perpignan, avant de parler des TOUS les ancêtres des Français, Nicolas Sarkozy a rendu hommage aux harkis. Cela s'est traduit par le dépôt d'une gerbe dans les rues de la préfecture des Pyrénées-Orientales où furent parqués de nombreux harkis après la guerre d'Algérie. Cela s'est aussi traduit par des mots, prononcés lors de sa réunion publique du jour :

Le drame des harkis est celui de toute la France […] Une tâche de sang indélébile reste sur notre drapeau.  

 

L'ancien chef de l'État a donc reconnu la responsabilité de la France dans le drame des harkis. Il en a aussi profité pour saluer l'engagement de ces Algériens anciens supplétifs de l'armée française. "À travers les harkis, c'est tout notre roman national qui s'écrit : celui des femmes et des hommes du monde entier qui ont adopté la France, ses valeurs, sa Nation. Parmi eux, une place privilégiée est faite aux Français musulmans morts pour notre liberté et notre drapeau", a-t-il ajouté.

Dimanche 25 septembre, François Hollande a emboîté le pas à Nicolas Sarkozy. Dans la Cour des Invalides, à l'occasion de la journée nationale d'hommage consacrée aux harkis, le chef de l'État a voulu que la France, à travers lui", regarde la vérité "en face". Il a dit :

Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil inhumaines de ceux transférés en France.

 

François Hollande a ainsi honoré l'une de ses promesses de campagne, formulée en 2012 à l'occasion de la dernière présidentielle. À cette même époque, le chef de l'État d'alors avait déjà reconnu la responsabilité de la France dans le drame des harkis. "La France se devait de protéger les harkis de l'Histoire, elle ne l'a pas fait. La France porte cette responsabilité devant l'Histoire", avait déclaré Nicolas Sarkozy en avril 2012.

Le Président d'alors honorait lui-aussi une promesse de campagne. "Si je suis élu président de la République, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l'abandon et le massacre des harkis et de milliers de musulmans français. Et je le veux afin que l'oubli ne les assassine pas une nouvelle fois", avait en effet promis Nicolas Sarkozy en mars 2007. Il aura fallu attende 2012 pour que les engagements deviennent des actes. 

Il y a donc un point commun entre Nicolas Sarkozy et François Hollande : concernant les harkis, les deux chefs de l'État attendent toujours le dernier moment pour honorer leurs promesses

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