Nicolas Sarkozy justifie de manière totalement incompréhensible le traité de Lisbonne

Publié à 09h37, le 30 juin 2016 , Modifié à 16h12, le 30 juin 2016

Nicolas Sarkozy justifie de manière totalement incompréhensible le traité de Lisbonne
Nicolas Sarkozy © AFP

RHUBARBE – Pour Nicolas Sarkozy, il en est des référendums comme des chasseurs. Il y a les bons et les mauvais. Schématisons un peu. Un bon référendum, c'est quand le peuple vote comme il l'entend, même si son choix va à l'encontre de la volonté des dirigeants. Ça c'est un bon référendum. Et puis il y a les mauvais référendums, quand le peuple vote comme il l'entend, même si son choix va à l'encontre de la volonté des dirigeants. Ça c'est un mauvais référendum.

Si vous ne voyez pas la nuance, il existe pourtant un cas pratique assez saisissant et présenté par Nicolas Sarkozy ce jeudi 30 juin sur RTL. L'ancien chef de l'État répète que, le 23 juin, le peuple britannique a parlé et, même si la victoire du Brexit est regrettable pour certains, ce choix-là doit être respecté. Tout l'inverse de ce qu'il s'est passé en 2007 avec le traité de Lisbonne, actant le contraire de ce que le peuple français avait voté en 2005, lors du référendum sur la Constitution européenne.

Pourtant, le président de LR, qui se veut le nouveau chantre du référendum, trouve la différence de traitement entre les deux référendums tout à fait logique. Il l'explique avec force, quitte à oublier l'usage langagier qui veut que l'on soit intelligible lorsque l'on s'exprime (ou que l'on évite de prendre ses interlocuteurs pour des idiots).

Il dit :

Ce qui est dangereux, ce n'est pas le référendum comme principe. Ce qui est dangereux, c'est aller au référendum comme les partisans du maintien de l'Europe ont été au référendum sans un projet politique. En 2007, c'était totalement différent. Je me suis trouvé dans la situation où la France avait voté "non" au référendum voulu par Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin en 2005. Excusez du peu : 55% de "non". Il fallait ramener la France dans le giron de l'Europe et j'avais dit dans le débat avec madame Royal que je ne ferai pas de référendum. Il n'y a donc eu aucune hypocrisie, aucun mensonge, bien au contraire.  

 

Voilà comment en quelques mots Nicolas Sarkozy :

a) rejette la faute du "non" français à la Constitution européenne sur Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin, quand bien même il aurait largement fait campagne en faveur du "oui".

b) explique qu'il avait bien prévenu qu'il ne ferait pas de référendum sur le sujet, lui.

Plus tard, il explique également en quoi la ratification d'un traité qui allait à rebours du choix des Français était une merveilleuse idée. Pourquoi ? Grâce à la crise évidemment. "Le traité de Lisbonne, c'était 2007-2008. Quand la crise a soufflé en 2008, on était bien content de trouver l'Europe pour nous en sortir. Avec madame Merkel, nous avons protégé l'Europe", ajoute-t-il.

Et le voilà deviser sur l'idée même de référendum. Le penseur de Neuilly délivre cette vision :

Le référendum, ce n'est pas l'alpha et l'omega. Mais il ne faut pas passer de celui qui saute sur sa chaise en criant 'référendum' à celui qui dit 'par principe, puisque le peuple ne décide pas comme vous auriez voulu qu'il décide, on va refuser par principe le référendum'. Ça n'a pas de sens.

 

"Ça n'a pas de sens" mais on saisit l'idée.

Du rab sur le Lab

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