Nicolas Sarkozy qualifie de "forfaiture" la violation du secret défense par François Hollande

Publié à 09h25, le 02 novembre 2016 , Modifié à 09h46, le 02 novembre 2016

Nicolas Sarkozy qualifie de "forfaiture" la violation du secret défense par François Hollande
© Capture d'écran FranceInfo:

"Je partage à 100% l'analyse présentée par François Fillon.". La phrase est signée… Nicolas Sarkozy, ce mercredi 2 novembre sur FranceInfo:. Mais qu'est-ce qui peut bien réunir l'ancien président de la République et son ex-collaborateur à quelques jours du premier tour de la primaire de la droite ? La critique de François Hollande bien sûr et notamment la dénonciation des agissements du chef de l'État vis-à-vis des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Dans leur livre Un Président ne devrait pas dire ça…, François Hollande parle notamment des opérations "homo", des "assassinats ciblés" opérés par les services secrets français. Pour François Fillon, "dans un autre pays que la France", le Président serait destitué après de tels agissements.

Nicolas Sarkozy est donc d'accord avec cette idée et dénonce le fait que François Hollande a montré à des reporters "des plans 'secret confidentiel défense'" et a donné "des ordres secrets à nos forces spéciales pour éliminer tel ou tel ennemi de la France".

Il dit :

 

C'est une forfaiture. Il n'y a pas une démocratie au monde qui accepterait ça. […] En France, pour faire le malin, François Hollande montre à des journalistes, avec qui il fait un livre, des documents. C'est d'une très grande gravité. C'est quand même d'une gravité extrême.

Nicolas Sarkozy estime d'ailleurs que si c'était lui qui avait agi de la sorte, "il y aurait déjà une association qui serait constituée pour déposer plainte, et une enquête préliminaire engagée".

Mais – étonnamment - pas question, pour autant, de destituer François Hollande. Il ne s'agit pas de faire une procédure de destitution. Le pauvre, d'ailleurs, ce qu'il en reste, on va destituer qui ?", s'amuse l'ex-chef de l'État.

Puis, reprenant son sérieux, Nicolas Sarkozy assure :  

Je suis sûr qu'un jour ou l'autre monsieur Hollande aura à rendre compte de cette violation manifeste du secret défense.

 

L'actuel chef de l'État est prévenu.

Fin octobre, le député LR Pierre Lellouche avait déjà posé la question de la destitution de François Hollande. "Comment imaginer que le président de la République leur confie [à des journalistes] le ciblage de bombardements français sur des objectifs en Syrie, et que des documents confidentiels soient fuités aux journalistes puis publiés dans leur journal ?" s'était-il interrogé à la tribune de l'Assemblée nationale, estimant que la question de l'application de l'article 68 était désormais "posée". Mais les parlementaires LR ont déjà fait savoir qu'ils n’engageront pas de telle procédure

[BONUS TRACK] Obsession

Ça vire à l'obsession. Nicolas Sarkozy pense beaucoup à François Bayrou. Et comme toute obsession, celle-ci transparaît régulièrement. Sur FranceInfo:, l'ancien président de la République évoque le cas Pécresse. Il explique que lui, n'a rien promis à personne en échange d'un éventuel soutien, sous-entendant que son adversaire Alain Juppé, lui, a fait l'inverse.

On sait, cependant, que si Nicolas Sarkozy gagne la prochaine élection présidentielle, François Baroin sera nommé Premier ministre. Cela n'a rien à voir selon l'ex-chef de l'État qui s'explique, confirmant que l'ancien ministre de l'Économie sera bien à Matignon. Et c'est là que surgit, sans prévenir, François Bayrou :

J'ai affiché un choix. […] Moi j'ai dit très clairement que si j'étais choisi, je confierai Matignon à François Bay…roin, Baroin, à François Baroin.

 

Un lapsus évité de justesse à écouter ci-dessous :

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