Nicolas Sarkozy valide une nouvelle fois, sans prononcer le terme, la théorie du "grand remplacement" chère à l'extrême droite

Publié à 19h58, le 15 novembre 2016 , Modifié à 20h02, le 15 novembre 2016

Nicolas Sarkozy valide une nouvelle fois, sans prononcer le terme, la théorie du "grand remplacement" chère à l'extrême droite
Nicolas Sarkozy © VALERY HACHE / AFP

VOST - La campagne de la primaire s'accélère à mesure que le premier tour, dimanche 20 novembre, approche. Lundi à Saint-Maur-des-Fossés, ce mardi à Nice, Nicolas Sarkozy fait comme tous les autres candidats à l'investiture de Les Républicains : des meetings à foison.

Ce 15 novembre, dans une ville effroyablement frappée par la barbarie, le 14 juillet dernier, l'ancien chef de l'État s'est adressé à ses troupes. Il leur a parlé de terrorisme. Mais pas que. L'ex-Président a aussi beaucoup parlé d'immigration. Et Nicolas Sarkozy a enchaîné les deux sujets sans aucune transition. Voici ce qu'il a déclaré :

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La France est menacée, elle est gravement menacée. De toutes parts. Elle est d'abord menacée dans sa sécurité par un terrorisme barbare qui utilise une violence de masse, aveugle, inhumaine, sans tabou, sans limite. Ces barbares, mes chers compatriotes, détestent ce que nous sommes. Ces barbares détestent tout ce que nous aimons. Ces barbares détestent tout ce que vos grands-parents, vos parents et vous-mêmes ont construit. Il n'y a pas de place pour eux et nous. Ce sera eux ou nous. Je serai le Président qui leur mènera une guerre implacable.



La France est menacée dans ses équilibres démographiques par une immigration qu'elle ne peut plus accueillir, qu'elle ne peut plus intégrer qui pourtant se fait chaque jour plus pressante. 

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On notera donc l'enchaînement sans transition, donc, entre terrorisme et immigration. Surtout, en expliquant que "la France est menacée dans ses équilibres démographiques" par l'immigration, Nicolas Sarkozy valide une théorie que l'on entend plus généralement à la droite de la droite de la droite, à l'extrême droite donc : la théorie du grand remplacement. Formulée par Renaud Camus, cette théorie veut que le peuple français d'origine européenne serait à terme remplacé par d’autres peuples immigrés, puisque ces derniers auraient des taux de fécondité supérieurs.

Ce n'est pas la première fois que Nicolas Sarkozy reprend à son compte cette théorie pour le moins contestée, y compris au sein du Front national. Dans une interview au Point, début août, après avoir rappelé que, "sous Louis XVI, il y avait 28 millions d'habitants en France, 18 millions en Grande-Bretagne et 2 millions aux États-Unis", l'ancien chef de l'État avait fait ses calculs. "La civilisation européenne se sent devenue minoritaire", avait-il dit, expliquant, que si l’Europe ne faisait pas attention à sa démographie déclinante, "on disparaîtra".

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