NKM agressée : Édouard Philippe élargit le débat aux violences faites aux femmes

Publié à 16h29, le 15 juin 2017 , Modifié à 16h32, le 15 juin 2017

NKM agressée : Édouard Philippe élargit le débat aux violences faites aux femmes
© Montage Le Lab via BFMTV
Image Etienne Baldit


La classe politique est en grand émoi, jeudi 15 juin, après l'agression dont a été victime Nathalie Kosciusko-Morizet sur un marché parisien, alors qu'elle tractait dans le cadre de sa campagne pour les élections législatives. Un énième acte de violence commis par un citoyen envers un responsable politique sur le terrain, après des jets de farine et d’œufs et même une gifle lors des récentes campagnes pour les diverses primaires et la présidentielle. Parmi les premiers à réagir, le Premier ministre Édouard Philippe (issu des rangs de LR) a apporté son soutien à son "amie" NKM, condamnant un "acte d'une violence insupportable". Dans la foulée, il lui a rendu visite à l'hôpital où elle a été transportée après avoir perdu connaissance plusieurs minutes.

Puis le chef du gouvernement s'est exprimé devant une forêt de caméras en début d'après-midi, comme le rapporte BFMTV. Sa prise de parole comprend alors trois éléments : la personne de Nathalie Kosciusko-Morizet, son état de santé et ses liens avec elle ; la condamnation de la violence en marge du débat politique ; la dénonciation des violences faites aux femmes. Il est ainsi le premier responsable politique de premier plan à aborder cette dernière dimension à la suite des événements de la matinée.

Édouard Philippe a déclaré :

J'ai pour Nathalie des sentiments d'amitié depuis longtemps et je suis passé m'assurer qu'elle allait bien. Je l'ai trouvée secouée et je sais qu'elle est dans d'excellentes mains, entourée par des équipes médicales de grande qualité pour s'assurer que tout va bien et je lui souhaite un prompt rétablissement.

Et je déplore évidemment tout ce qui peut ressembler, dans le débat public qui peut par nature être vif - débattre d'idées, les défendre, essayer de convaincre parfois, ça fait partie de la vie publique et il peut arriver que le ton monte, mais il ne peut pas arriver de passer à une violence physique.

Et pour tout dire, les hommes qui expriment cette violence physique à l'égard de femmes, qui sont à la fois plus petites et plus légères, ne m'inspirent que du mépris.

Voici ce qu'il s'est passé ce jeudi matin, selon le récit de l'AFP. La candidate LR-UDI sur la 2e circonscription de la capitale distribuait des tracts lorsqu'un homme d'une cinquantaine d'années les lui a pris pour les lui envoyer au visage, la traitant notamment de "bobo de merde". "C'est votre faute si on a Hidalgo aujourd'hui comme maire" à Paris, lui a-t-il aussi dit, lançant : "Retournez dans l'Essonne!", dont elle est députée actuellement. NKM, déséquilibrée, a chuté sur le sol et perdu connaissance durant plusieurs minutes, sous une forte chaleur. Son agresseur s'est enfui en courant vers la bouche de métro la plus proche. Les pompiers sont intervenus, sur ce marché place Maubert, et elle a repris connaissance. Se tenant la tête, elle a été installée dans leur camion et conduite à l'hôpital Cochin.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "violences volontaires", confiée au 3e district de police judiciaire de Paris. Aucun suspect n'a encore été interpellé. Nathalie Kosciusko-Morizet "subit actuellement des examens médicaux approfondis" à l'hôpital, indique un communiqué envoyé aux rédactions en début d'après-midi, qui ajoute que "les médecins émettront un avis médical quand ils le jugeront possible". On y apprend aussi que "la directrice de campagne de la candidate a déposé plainte".

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