Où l'on apprend qu'Alain Juppé a érigé François Hollande en "contre-modèle parfait" pour 2017

Publié à 17h13, le 30 mai 2016 , Modifié à 17h36, le 30 mai 2016

Où l'on apprend qu'Alain Juppé a érigé François Hollande en "contre-modèle parfait" pour 2017
François Hollande et Alain Juppé, lors de l'inauguration de Vinexpo à Bordeaux en 2015. © MEHDI FEDOUACH / AFP
Image Victor Dhollande-Monnier


AUCUNE AMBIGUÏTÉ - Alain Juppé et François Hollande se retrouveront peut-être face-à-face lors de la prochaine élection présidentielle. Et visiblement, du côté du maire de Bordeaux, on connaît déjà le plan d’attaque. Selon les informations du Monde, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac a décidé d’axer sa campagne sur une sorte de contre-modèle de la campagne du candidat Hollande en 2012. 

Parti très tôt dans la course élyséenne, en août 2014, Alain Juppé a compris l’importance des promesses de campagne et surtout de la capacité à les réaliser immédiatement une fois en poste. Il veut faire ce qu'il annonce et annoncer ce qu'il va faire. L’un de ses conseillers, Maël de Calan, cite un exemple très concret dans les colonnes du journal Le Monde du mardi 31 mai : 

Le contre-modèle parfait, c’est Hollande et sa taxe à 75% censurée par le Conseil constitutionnel fin 2012 [voir ici, ndlr]. 

De manière plus générale, Alain Juppé veut ériger sa campagne en contre-modèle de celle de François Hollande en 2012. Maël de Calan explique au Monde

Juppé ne veut pas être élu sur une ambiguïté, comme cela a été le cas pour Hollande. Il a présenté un projet conforme à ses convictions : ferme sur la sécurité et libéral sur l’économie. C’est un homme de droite, modéré, mais de droite. Il ne cherche pas à le cacher. 

Alain Juppé annonce donc la couleur. Il s’engage par exemple à supprimer l’ISF ou porter l’âge du départ à la retraite à 65 ans. Des réformes pas forcément populaires mais qu’il promet de tenir. Lors du discours du Bourget, François Hollande avait assuré que "son véritable adversaire, c'était le monde de la finance". Il y a deux semaines, Alain Juppé a trouvé un slogan pour rompre avec celui de Hollande il y a quatre ans : "mon ennemi, c'est le chômage"

Les équipes d'Alain Juppé ont donc clairement ciblé François Hollande dans cette campagne. Dans le camp d'en face, ils ont aussi choisi leur adversaire. Le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a plusieurs fois raillé l'absence de réaction d'Alain Juppé sur certains sujets. Un proche du Président, Bernard Poignant, a aussi rappelé que le maire de Bordeaux avait été "ministre à l'époque de l'Union soviétique", pour mieux souligner l'âge de Juppé (71 ans). A moins d'un an du premier tour de la présidentielle, le match est déjà commencé entre les deux hommes. 

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