Après la victoire du non au référendum en Grèce, François Hollande communique sur la crise plutôt que sur le résultat

Publié à 07h02, le 06 juillet 2015 , Modifié à 10h15, le 06 juillet 2015

Après la victoire du non au référendum en Grèce, François Hollande communique sur la crise plutôt que sur le résultat
© ALAIN JOCARD / AFP
Image Sébastien Tronche


COM' DE CRISE - Quand la victoire du "non" au référendum grec commençait, dimanche en fin de journée, à se dessiner, l’Elysée a alors communiqué. Non pas sur le résultat du référendum et la "victoire" d’Alexis Tsipras directement, mais sur l’entretien organisé à la hâte ce lundi 6 juillet entre François Hollande et Angela Merkel. Une rencontre mise en place pour, dixit l’Elysée, "évaluer les conséquences du référendum en Grèce".

Pour savoir ce que pense François Hollande de ce qu’il s’est passé en Grèce, il faudra repasser et attendre ce lundi soir. Ou lire entre les lignes. Car la communication du chef de l’Etat a plus ressemblé à une communication de crise. La crise d'une zone euro au bords de l'explosion. Dans la foulée du communiqué annonçant la rencontre avec la chancelière allemande à Paris, l’Elysée a ainsi communiqué sur les entretiens téléphoniques que François Hollande allait avoir. Avec Alexis Tsipras après Angela Merkel, mais aussi avec les représentants des institutions européennes Jean-Claude Juncker (Commission européenne), Martin Schulz (Parlement européen) et Donald Tusk (Conseil européen).

Entouré de ses conseillers, de Manuel Valls, de Michel Sapin ainsi que de Harlem Désir et avec Laurent Fabius en ligne, François Hollande a mis en scène la gestion de la crise grecque. Avec une série de photos diffusées sur les internets (Twitter, Facebook, Elysee.com) où le chef de l’Etat pose l’air sérieux, grave, solennel.



Cependant, François Hollande a quand même exprimé, alors qu’une partie de la gauche se réjouissait du résultat et enjoignait la France à poursuivre les négos avec Athènes quand la droite ou Berlin voulait "couper les ponts" avec le gouvernement grec, "son respect" de la démocratie et du vote grec contre le plan de ses créanciers. Mais s’il veut se montrer à l’écoute d’Alexis Tsipras, François Hollande a été échaudé par l’initiative du référendum. Dimanche soir, il lui a dit, selon ce que rapportent les quotidiens :

Je suis prêt à t’aider mais il faut que tu me laisses t’aider.

Sous-entendu, en faisant des concessions.

Aussi François Hollande et Angela Merkel devraient donc communiquer conjointement lors de leur rencontre de ce lundi. Pas de précipitation. Pas de réaction trop à chaud sur un sujet aussi brûlant d'autant plus que les deux dirigeants ne sont pas forcément sur la même ligne. Au Figaro, un conseiller élyséen explique :

Hollande et Merkel mesurent le poids de leur parole, ils veulent une expression commune.

Il ont demandé de concert la réunion d'un sommet de la zone euro mardi à Bruxelles et se retrouveront donc dès lundi soir à l'Elysée pour une réunion et un dîner de travail. Il s'agira de faire "une analyse commune de la situation" et d'envisager "la poursuite de la coopération franco-allemande étroite sur ce sujet", a indiqué la Chancellerie.

Dans la classe politique les réactions se sont multipliées. Jean-Luc Mélenchon, co-fondateur du Parti de gauche et fervent soutien du d'Alexis Tsipras, appelait même à un rassemblement dimanche soir place de République pour célébrer le "non" à un projet, selon lui sournois et calamiteux". La gauche de la gauche et les "frondeurs" du PS ont sur la même longueur d'onde salué le refus du peuple grec face aux exigences de ses créanciers, de même que le FN, à l'autre bout de l'échiquier politique.

Quant au ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, il a esquissé ce qui pourrait être la position française, moins brutale que celle de l’Allemagne. Ainsi a-t-il lancé dans une référence qui devrait parler à Angela Merkel :



Il ne faut pas faire le traité de Versailles de la zone euro.


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