Pas encore candidat à 2017, Montebourg "reconnaît son erreur" : avoir soutenu Hollande

Publié à 09h48, le 08 mai 2016 , Modifié à 10h16, le 08 mai 2016

Pas encore candidat à 2017, Montebourg "reconnaît son erreur" : avoir soutenu Hollande
Arnaud Montebourg © JEAN-PIERRE MULLER / AFP

INVENTAIRE - "S'il y a des responsabilités à prendre dans une période où le pays s'interroge - où est-ce que nous allons ? Qu'est-ce qu'on fait ? -, je les prendrai." À ceux qui s'interrogeaient sur l'état d'esprit d'Arnaud Montebourg à un an de la présidentielle, l'ex-ministre apporte cet éclairage sans ambiguïté. Et s'il juge qu'il est encore trop tôt pour sortir du bois tout à fait, il jette les bases d'une possible candidature. C'est dans un reportage diffusé à la mi-journée sur France 2 et dont Le JDD révèle des extraits, dimanche 8 mai, qu'il fait part de ses intentions.

Le conditionnel employé par le récent reconverti dans l'ameublement laisse entendre qu'il attend qu'un espace se libère à gauche. Comme s'il indexait ses chances sur la présence de François Hollande sur la ligne de départ. Mais il ne va pas attendre sagement que tout cela se décante. Il esquisse donc son devoir d'inventaire à lui pour mieux dézinguer le bilan du candidat-sortant et se poser en champion de l'autre gauche.

Arnaud Montebourg, qu'on sait très critique vis-à-vis de la politique de l'exécutif, confie ainsi regretter "parfois" d'avoir soutenu François Hollande dans l'entre-deux-tours de la primaire socialiste de 2011, de lui avoir apporté ses précieux 17% face à Martine Aubry. Il dit :

 

Il faut savoir reconnaître ses erreurs.

SYM-PA.

Travaillant sa stature d'homme qui a dit non à la ligne de François Hollande, il fait sentir qu'il peut représenter l'alternative. Ainsi explique-t-il encore que s'il était parlementaire, il "ne voterait pas" la loi Travail actuellement débattue à l'Assemblée nationale. "C'est une loi de moins-disant social, attaque-t-il. Vous ne pouvez pas construire un contrat social en disant aux uns 'vous, on vous réduit' et aux autres 'vous, on vous donne tout'." Le texte divise profondément le PS et plus largement la gauche, certains y voyant la mise à bas des "valeurs" ancestrales de défense des droits des salariés. Arnaud Montebourg fait donc savoir à ceux-là qu'il est des leurs. Voire leur possible chef.

Autre façon de leur faire du pied : la promotion d'une primaire pour désigner le candidat de la gauche, seule à même selon lui de couper court à "la chronique annoncée d'une élimination" au premier tour. Mais il ne s'arrête pas là. Contredisant frontalement François Hollande et son "ça va mieux", il détaille à peu près les mêmes arguments qu'Alain Juppé : "un niveau de faillite tout aussi élevé que pendant la grande crise en 2008", "un appauvrissement des gens", une "austérité fiscale". Il assène :

 

Le pays n'est pas dans une situation qui nous permette de constater que ça va mieux.

Si ça, ce n'est pas un discours d'opposant... Un opposant toutefois encore non déclaré. Il explique :

 

C'est une dédision difficile à prendre, elle ne se prend pas un an avant les échéances, elle demande de la réflexion et du travail, je n'en suis pas là. Nous n'en sommes pas là, le moment n'est pas venu.

Pas encore, donc. Mais bientôt.

Du rab sur le Lab

PlusPlus