Kanner évoque "la désolation" de l'exécutif devant le manque de reconnaissance de Hamon et Macron

Publié à 10h32, le 15 avril 2017 , Modifié à 10h43, le 15 avril 2017

Kanner évoque "la désolation" de l'exécutif devant le manque de reconnaissance de Hamon et Macron
Patrick Kanner, à l'Assemblée nationale © ERIC FEFERBERG / AFP
Image Etienne Baldit


Le gouvernement est tiraillé entre Emmanuel Macron et Benoît Hamon pour le premier tour de la présidentielle. Certains ont publiquement fait connaître leur choix pour l'un ou l'autre, mais quelques uns gardent le silence sur l'identité de celui qui aura leur vote. François Hollande lui-même n'est pas totalement clair à ce sujet, même si ses récentes prises de parole laissent entrevoir (comme on pouvait s'y attendre) qu'il soutient son ancien ministre de l'Économie plutôt que celui de l'Éducation nationale. Et au-delà de la stricte question politique - Hamon est le candidat officiel du PS, mais Macron est plus dans la lignée du quinquennat -, c'est l'absence de défense vigoureuse du mandat de François Hollande par les deux hommes qui explique les réticences de certains ministres.

Patrick Kanner est de ceux-là. Dans Libération samedi 15 avril, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports évoque cette ambiance de non-choix au sommet. Il le fait en des termes peu engageants :

C'est la désolation. Il règne au gouvernement un profond sentiment d'injustice. Personne ne défend le bilan : Hamon ne dit rien, Macron non plus.

Bonne ambiance donc.

Il est vrai que tant Benoît Hamon qu'Emmanuel Macron se situent sur une ligne de crête dangereuse pour leurs équilibres respectifs du point de vue du bilan du quinquennat qui s'achève. Pour tenter d'obtenir le soutien général du PS, et notamment de la frange social-démocrate du parti qui était derrière Manuel Valls à la primaire, le premier a tenté de donner les satisfecits qu'il pouvait tout en ne reniant rien de sa ligne politique plus à gauche. Ce qui a donné lieu à une défense minimale de l'action menée sous François Hollande. Quant au second, il prend soin de ne pas dire (trop) de mal de la personne du chef de l'État et de souligner sa "fierté" des réformes engagées quand il était ministre de l'Économie, tout en prenant ses distances avec l'héritage hollandais pour apparaître en "rupture" avec les cinq dernières années.

Tout cela n'aide évidemment pas les membres du gouvernement dans leur décision. Et comme une validation des propos de Patrick Kanner, le porte-parole de Benoît Hamon Pascal Cherki y est allé de sa petite punchline *sympathique* pour François Hollande, sur franceinfo: ce samedi. Interrogé sur le fait de savoir ce que le Président pourrait faire pour "réussir sa sortie", le député PS de Paris a sèchement répliqué :

Bah descendre les marches, ouvrir la porte et puis quitter le perron. C'est comme ça qu'on sort, en général. 

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