Pendant ce temps, Najat Vallaud-Belkacem chante "Le Chant des partisans" dans un lycée de Béziers (et ce n'est pas un hasard)

Publié à 17h34, le 02 décembre 2016 , Modifié à 17h38, le 02 décembre 2016

Pendant ce temps, Najat Vallaud-Belkacem chante "Le Chant des partisans" dans un lycée de Béziers (et ce n'est pas un hasard)
Najat Vallaud-Belkacem © AFP

La vie politique française ne s'arrête pas avec le renoncement de François Hollande. Certains veulent paraître indifférents à la tempête médiatique qui s'abat sur l'Élysée. Ce vendredi 2 décembre, par exemple, Najat Vallaud-Belkacem était en visite dans un lycée. Rien qui ne provoque un intérêt extrême de la part des journalistes. Madame étant ministre de l'Éducation nationale, sa présence dans une enceinte scolaire n'est pas susceptible, a priori, de déclencher l'hystérie médiatique.

Sauf que cette visite était particulière puisqu'elle avait lieu dans le lycée Jean Moulin de Béziers, la ville dirigée par Robert Ménard, maire élu en 2014 avec le soutien du FN. Et c'est là que Najat Vallaud-Belkacem et plusieurs élèves ont entonné le Chant des partisans, hymne de la Résistance durant l'occupation nazie. Une séquence sur laquelle la ministre de l'Éducation nationale a décidé de communiquer en diffusant un extrait de sa prestation sur les réseaux sociaux, le tout accompagné d'un message sans détour :

 

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La République est partout chez elle.

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Et donc à Béziers, sous-entendu.

L'intervention de Najat Vallaud-Belkacem et la communication qui a suivi ne doivent rien au hasard. La ministre de l'Éducation nationale était dans l'Hérault à l'invitation de l'association de professeurs d'histoire-géographie Les Clionautes. L'association s'est fortement opposée à Robert Ménard par le passé, accusant monsieur le maire d'instrumentaliser de manière "populiste" l'histoire, notamment lorsqu'il parle de la guerre d'Algérie ou de Jean Moulin. L'intéressé avait pour sa part dénoncé "un procès en légitimité, propre à la pensée de gauche". Ambiance.

La venue de Najat Vallaud-Belkacem s'inscrivait donc dans un contexte particulier. C'est elle, d'ailleurs, qui avait insisté auprès du président des Clionautes, Bruno Modica, pour qu'il la reçoive. "'Invitez-moi à Béziers !', me disait Najat Vallaud Belkacem lors d’une rencontre au rendez-vous de l’histoire de Blois", raconte-t-il sur le site internet de l'association, ce vendredi.

La visite ministérielle se faisait sur le thème des valeurs de la République. Des projets portés par les lycéens ont été présentés à la socialiste dont un, développé par des élèves de terminale S et L. sur la vie de Jean Moulin. Le Chant des partisans a alors été évoqué. C'est à l'initiative de Najat Vallaud-Belkacem que la salle a repris le chant de ralliement des résistants. "Vous connaissez les paroles ?" a-t-elle demandé aux élèves et comme ceux-ci répondirent par l'affirmative, elle a ajouté :

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J'aime beaucoup ce chant donc allez-y, chantez-le !

 

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Et ce que ministre demande, ministre l'obtient, du moins la plupart du temps. Les élèves ont donc entonné le chant écrit par Joseph Kessel et Maurice Druon, sur une musique d'Anna Marly.

"C'était un message d'hommage à la Résistance et à Jean Moulin, commente au Lab l'entourage de Najat Vallaud-Belkacem. Forcément, à Béziers, ça prend une connotation particulière." Ou comment confirmer par l'allusion que le chant était – aussi – un message adressé à Robert Ménard.  

Contacté par le Lab, le maire de Béziers n'a pas perçu dans cette scène un message qui lui aurait été adressé. C'est même plutôt lui qui en avait un pour elle :

 

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Je chante régulièrement ce chant que je connais peut-être mieux qu'elle.

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Une phrase pleine de sous-entendus que Robert Ménard n'a pas expliquée.

En revanche, l'édile a dénoncé l'action générale de celle qu'il présente comme une "idéologue patentée" et nomme ostensiblement madame Belkacem, et non Vallaud-Belkacem. "Elle n'a pas d'autres sujets, comme le niveau des élèves en mathématiques par exemple ? Qu'elle fasse plutôt son travail de ministre", s'est-il indigné, précisant que s'il n'était pas présent au lycée Jean Moulin lors de la présentation des projets des élèves, comme a semblé s'en étonner la ministre, c'est parce qu'il était à une cérémonie d'hommage aux 560 écrivains combattants de la Première Guerre mondiale.

Du rab sur le Lab

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