Philippe de Villiers publie des propos attribués à François Fillon en 2009 : "c'est Sarko qui va finir sur un croc de boucher"

Publié à 10h30, le 25 septembre 2015 , Modifié à 10h53, le 25 septembre 2015

Philippe de Villiers publie des propos attribués à François Fillon en 2009 : "c'est Sarko qui va finir sur un croc de boucher"
François Fillon et Nicolas Sarkozy en mai 2012. © LIONEL BONAVENTURE / AFP POOL / AFP

OÙ L'ON REPARLE DE CROCS DE BOUCHER - C'est un extrait du livre de souvenirs de Philippe de Villiers - Le moment est venu de dire ce que j'ai vu - que révèlent Valeurs actuelles et RTL ce 25 septembre, un extrait dans lequel le fondateur du Mouvement pour la France (MPF) publie des conversations privées avec François Fillon. Dans une des conversations, une seule cible : Nicolas Sarkozy.

A l'époque, le 10 novembre 2009, Nicolas Sarkozy est président de la République, François Fillon Premier ministre et Philippe de Villiers eurodéputé et conseiller général de Vendée. A le lire, François Fillon l'invite à déjeuner "sans autre raison apparente qu'amicale". C'est là qu'il s'en prend au chef de l’État de l'époque en prédisant sa fin et des ennuis judiciaires. Voici l'extrait :

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- François Fillon : Tu verras, Philippe, ça finira mal. C’est Sarko qui fera tomber Sarko. Il fait n’importe quoi et multiplie les imprudences. Je le lui dis pourtant, mais il ne m’écoute pas.



- Philippe de Villiers : Il y a des affaires embêtantes ?



- François Fillon : Sarko répète toujours à propos de Villepin : il finira pendu par moi à un croc de boucher [voir ici]. Eh bien, moi, je te dis, Philippe : si ça continue, c’est Sarko qui finira à un croc de boucher. Et c’est la Justice qui l’accrochera. Elle sait tout.

 

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Lors d'un autre déjeuner, un an plus tôt, Philippe de Villiers relate une autre scène, un François Fillon totalement exaspéré par son supérieur au point de refuser de lui répondre au téléphone. Voici le dialogue reconstitué par Philippe de Villiers :

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- François Fillon : C’est Sarko. Il attendra.



- Philippe de Villiers : Tu fais attendre le président ?



François, visiblement excédé, me répond : Il n’a qu’à me traiter autrement ! Chaque jour est une humiliation.



Le portable sonne de nouveau. Je suis stupéfait. Quelle ambiance ! Voyant ma surprise, il m’explique, fourchette en l’air, que Sarko ne respecte que les rapports de force. En souriant, je lui glisse :



- Philippe de Villiers : Tu es devenu méchant ?...



- François Fillon : Non, au contraire, je suis trop gentil. Si je lui faisais du mal, alors il me respecterait !

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Ce n'est pas la première fois que François Fillon est confronté à des propos rapportés sur Nicolas Sarkozy. Fin 2014, deux journalistes du Monde ont révélé un dialogue entre Jean-Pierre Jouyet, alors secrétaire général de l'Elysée, et François Fillon. En juin 2014, le second aurait demandé au premier de "taper vite" sur Nicolas Sarkozy. Des propos vivement démentis par François Fillon qui est allé en justice en poursuivant pour diffamation Jean-Pierre Jouyet. Ce dernier a été relaxé, François Fillon a fait appel.

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