19/12/2017 - 06h23

Politiques et journalistes sidérés par le ton de l'interview d'Emmanuel Macron par Laurent Delahousse

© Capture d'écran France 2

Ce fut une interview sans filtre et sans tabou au cours de laquelle l'interviewé a été poussé dans ses retranchements et a dû répondre avec précision aux questions de l'intervieweur. On ne parle malheureusement pas de l'entretien d'Emmanuel Macron, diffusé dimanche 17 décembre sur France 2. Car selon plusieurs observateurs, cette interview fut des plus cordiales et des plus aimables pour le chef de l'État – si ce n'est qu'il a dû rester debout durant les 55 minutes d'enregistrement.

L'une des critiques les plus virulentes a été formulée par le correspondant de Reuters à l'Élysée, Michel Rose. Dès la fin de l'entretien, il s'est étonné du ton et des questions du journaliste Laurent Delahousse dans un tweet pour le moins cinglant :





Et pour les moins anglophones d'entre vous, voici la traduction littérale de ses mots. Attention, ça peut piquer :

L'une des questions les plus percutantes de l'interview de Macron : 'Voici le sapin de Noël dans la cour, c'est la fin de l'année, que voulez-vous dire aux Français, n'ayez pas peur ?'. Le pire du journalisme français déférent.

Michel Rose n'est évidemment pas le seul à s'être *étonné* du ton de l'interview. D'autres journalistes s'en sont émus, ainsi que des politiques. Parmi ces derniers, Alexis Corbière a ainsi relevé, selon lui, une différence de traitement entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, tous deux interviewés à quelques jours d'écart sur le service public : 

Quand on compare le ton furieux de L'Emission Politique contre Jean-Luc Mélenchon et le ton mielleux de l'interview de Macron... On s'interroge : Est-ce bien raisonnable ? Est ce digne du service public d'information ?

Le député La France insoumise fait donc référence à L'Émission politique de Jean-Luc Mélenchon, fin novembre, une émission vivement critiquée par la suite par l'ancien candidat à l'élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon s'était ainsi fendu d'un très long billet de blog pour critiquer l'attitude violente, selon lui, des journalistes à son égard.

Son collègue Éric Coquerel s'est également beaucoup amusé, durant l'interview, à relever avec une grande ironie la gentillesse des questions.









Quant à Adrien Quatennens, il a carrément tweeté une brosse à reluire, histoire de bien faire comprendre que, selon lui, cette interview était avant tout un bon gros cirage de pompes :



On également vu les commentaires acerbes des socialistes David Assouline et François Kalfon







Même l'ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon y est allé de son petit commentaire, écrivant : "Plutôt que la soumission, choisissez l'information."





Ou encore le porte-parole du FN Sébastien Chenu













[BONUS TRACK] Tout le monde n'est pas Raquel Garrido

Parmi toutes les critiques, il y a celle de Clémentine Autain. La députée LFI a regretté que certains sujets ne soient pas abordés lors de l'interview du Président : 



Rien sur les inégalités alors qu'un rapport vient d'en pointer l'aggravation. Rien sur les migrants. Rien sur l'éducation au moment débat sur la sélection à l'université. Rien sur l'extrême droite en Autriche. Rien sur le CETA qui contredit les Accords de Paris.

Sauf que certains sujets ne pouvaient pas être abordés et pour cause, ils n'étaient pas encore d'actualité, l'entretien ayant été enregistré mardi 12 décembre.

Le rapport sur les inégalitésa par exemple été diffusé jeudi 14 décembre. L'entrée de l'extrême droite au gouvernement en Autriche a été actée samedi 16 décembre. Le débat sur la sélection à l'université, en revanche, a débuté mardi à l'Assemblée nationale.



[Edit 16h45] Ajout du tweet de Benoît Hamon

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