Pour Bernard Kouchner, "des gens meurent devant chez nous en Méditerranée et on se demande où on va aller en vacances"

Publié à 10h44, le 21 avril 2015 , Modifié à 10h50, le 21 avril 2015

Pour Bernard Kouchner, "des gens meurent devant chez nous en Méditerranée et on se demande où on va aller en vacances"
© Captures d'écran LCI

Bernard Kouchner en a *un peu* ras-le-bol de l'inaction de l'Europe face aux drames qui se déroulent, chaque jour ou presque, en Méditerranée. L'ancien ministre des Affaires étrangères veut que ça bouge. Pas demain ou dans des semaines, des mois mais : tout de suite.

Invité de LCI / Radio Classique ce mardi 21 avril, Bernard Kouchner appelle à l'indignation générale. Tel Stéphane Hessel, il dit :

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Il n'y a plus d'indignation dans ce pays. Pas dans ce pays seulement, en Europe. Avant, il y avait une indignation massive et les politiques comme on dit étaient obligés de réagir. Maintenant, on ne s'indigne pas. Les gens meurent devant chez nous, en Méditerranée, et on se demande où on va aller en vacances.

 

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Révolté, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy – qui rappelle au passage qu'il n'était pas là au moment de l'intervention en Libye – l'est assurément. Mais pas seulement. Il propose également que soit mis en place "un rideau de bateaux" devant la Libye pour que les migrants "ne meurent pas en mer". "Après, il faut dire aux gens que nous n'accepterons pas tout le monde", ajoute Bernard Kouchner. Estimant que ceux qui ne veulent rien faire "sont des salauds", il explique :

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C'est simple : on ne laisse pas mourir devant soi des gens qu'on pourrait sauver. Il est évident qu'il faut d'abord s'efforcer de leur porter secours. Je ne dis pas qu'il faudrait les prendre tous. D'ailleurs, complétons la formule de Michel Rocard. Il a dit 'on ne va pas prendre tout la misère du monde, encore faut-il s'y efforcer'.

 

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OK, Bernard Kouchner adapte un peu la célèbre formule de l'ancien Premier ministre. En 1989, sur 7 sur 7, Michel Rocard avait dit : "Nous ne pouvons pas héberger toute la misère du monde. La France doit rester ce qu’elle est, une terre d’asile politique [...] mais pas plus".

Pas question donc d'installer une frontière à l'américaine "avec des types en armes, des barbelés" comme la décrit Guillaume Durand. "S'il y a des fous qui ont ça dans la tête, qu'est-ce qu'on va faire ? Leur faire une piqûre ? Allons, soyons réaliste", s'interroge Bernard Kouchner.

Dimanche 19 avril, le naufrage d'un chalutier dimanche au large de la Libye a fait au moins 800 morts.

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