Pour Corinne Lepage, En Marche "ressemble à une forme de centralisme démocratique 2.0"

Publié à 07h46, le 03 novembre 2017 , Modifié à 08h27, le 03 novembre 2017

Pour Corinne Lepage, En Marche "ressemble à une forme de centralisme démocratique 2.0"
© FABRICE COFFRINI / AFP
Image Amandine Réaux


Contrairement à Les Républicains, En Marche n’instaurera pas de faux suspense dans l’élection de son chef. Car si l’ultrafavori Laurent Wauquiez aura deux concurrents, Christophe Castaner sera le seul et l’unique candidat à la tête du parti présidentiel. Personne d’autre que ce macroniste de la première heure, choisi par Emmanuel Macron himself, n’a déposé sa candidature avant la deadline, jeudi 2 novembre à minuit.

Voilà qui n’est pas très *nouveau monde*, estime l’ex-soutien du Président Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement sous Jacques Chirac et qui publie ce jeudi l’ouvrage À bout de confiance (éd. Autrement). Auprès du Parisien ce vendredi, elle s’emporte :

Cette affaire Castaner, c’est le contraire du projet initial d’En Marche. Cela ressemble à une forme de centralisme démocratique 2.0. Tout est managé d’en haut.

Pas sûr qu’Emmanuel Macron appréciera cette comparaison léniniste, ni de se voir encore reprocher, en creux, de faire du neuf avec du vieux.

Auprès de 20minutes.fr, Corinne Lepage déchantait mercredi :

On voit bien que le président est à tous les niveaux, tant au niveau du parti qu’au niveau du fonctionnement de l’Assemblée nationale où Richard Ferrand est président du groupe [de députés] majoritaire. Par conséquent, on est loin d’une conception de Montesquieu de la séparation des pouvoirs…

Selon toute vraisemblance, Christophe Castaner, qui est aussi le porte-parole du gouvernement et secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement, devrait devenir le délégué général d’En Marche, lors de la Convention du parti à Lyon le 18 novembre prochain.

Quatre listes ont en revanche été déposées pour composer le bureau exécutif. Cette instance issue du Conseil (le Parlement du parti), est constituée de 20 membres élus le 18 novembre et complété de 10 autres désignés dans un second temps. Il assure "la conduite et l'animation du mouvement", selon les statuts LREM, en fonctionnant comme l'équipe resserrée autour du délégué général.

La liste élaborée par Christophe Castaner sera évidemment ultra-favorite. Sa composition a été tenue secrète avant d'être validée vendredi par le Conseil d'administration du parti, puis d'être officiellement dévoilée lundi. Quoi qu'il arrive, elle doit être paritaire et représenter la diversité des territoires et des profils du Conseil (députés, sénateurs, élus locaux, référents, simples adhérents...).

Une autre baptisée "En Marche citoyens" a, elle, été déposée en suivant "l'idée de départ d'Emmanuel Macron : porter des personnalités de la société civile aux plus hautes marches du parti", selon Nadia Armogathe, une des représentantes de cette liste, interrogée par l'AFP. Cette animatrice d'un comité local dans les Alpes-de-Haute-Provence, fief de Christophe Castaner, effectue notamment sa démarche avec le maire de Bergnicourt (Ardennes), Cyrille Marques, en sachant que, "statistiquement", elle n'a "aucune chance" de gagner face à la liste concoctée par Christophe Castaner, qu'elle soutient également.





[BONUS TRACK]

Les doutes de Corinne Lepage n’imprègnent pas le gouvernement. À l’image de Brune Poirson, pas du tout dérangée par cette élection à un seul candidat. La secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire affirme au Monde, ce vendredi :



Nous n’avons pas besoin d’autres candidats : Christophe Castaner est le meilleur, celui dont le mouvement a besoin.

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