Pour Édouard Philippe, un chef "ça assume" et "ça ferme sa gueule"

Publié à 11h12, le 16 juillet 2017 , Modifié à 11h13, le 16 juillet 2017

Pour Édouard Philippe, un chef "ça assume" et "ça ferme sa gueule"
Édouard Philippe © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
Image Sylvain Chazot


Édouard Philippe est un lecteur assidu. Le Premier ministre aime lire – et écrire. Cela lui permet de réfléchir, de se construire, de s'évader. Lui-même le reconnaît ce dimanche 16 juillet dans le JDD : un homme politique n'a pas besoin de lire pour agir mais les leaders qui l'ont impressionné sont tous "des lecteurs et des écrivains".

Parmi ces hommes, un sort évidemment du lot. Son est : Alain Juppé. L'ancien Premier ministre, un temps donné favori de la présidentielle 2017, est lui aussi au lecteur-auteur. L'avoir côtoyé pendant des années a permis à Édouard Philippe d'apprendre. Aujourd'hui, l'occupant de Matignon décrit le maire de Bordeaux comme un personnage romanesque, notamment lorsqu'il a dû affronter l'une des plus grandes épreuves de sa vie publique. Le Premier ministre raconte :

Il y a aussi quelque chose de romanesque et de beau dans la manière dont il a assumé le procès et la condamnation de 2002-2004. Je l'ai vu de près vivre ça, dans une grande douleur et une grande pudeur. Alain Juppé a supporté seul toutes les conséquences d'un système dont la droite RPR a profité, dans son ensemble, directement ou indirectement. J'ai compris ce qu’était un chef. Ça assume, ça ferme sa gueule, ça continue.

Une formule que ne renierait pas Jean-Pierre Chevènement et qu'Édouard Philippe, discret chef du gouvernement, semble mettre en application.

Pour rappel, Alain Juppé a été condamné en 2004 par la cour d'appel de Versailles à 14 mois de prison avec sursis et à un an d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts dans le cadre de l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

Mais puisque selon Édouard Philippe, Alain Juppé est un personnage romanesque, l'actuel Premier ministre est bien obligé de jouer le jeu de la comparaison. "Son parcours me fait songer à Icare. Plus il s'approche du soleil, plus il tombe", dit-il, nuançant toutefois ses propos en assurant qu'Alain Juppé, ex-Premier ministre, a tout de même bien occupé des postes de pouvoir. C'est bien de le rappeler.

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