Pour Emmanuel Macron, François Hollande est "sociopathe"

Publié à 19h00, le 30 août 2016 , Modifié à 13h05, le 31 août 2016

Pour Emmanuel Macron, François Hollande est "sociopathe"
François Hollande et Emmanuel Macron © ALAIN JOCARD / AFP

"Je ne suis insensible à rien, mais je veille à ne jamais paraître affecté par les événements. Bref, à garder mon sang-froid même si, parfois, ça bout." C'est ainsi que François Hollande se décrivait dans un reportage du Monde réalisé en octobre 2015. Le chef de l'État est un animal à sang froid. Mais ministres et journalistes qui l'ont côtoyé au plus haut sommet du pouvoir vont beaucoup plus loin que la vision présidentielle. Pour nombre d'entre eux, le chef de l'État n'est pas seulement quelqu'un qui cherche à cacher ses émotions. Il est surtout un homme sans affect.

La démission d'Emmanuel Macron, ce mardi 30 août, n'a donc pas dû bouleverser le président de la République. C'est le désormais ex-ministre de l'Économie qui le dit lui-même, cité par Le Canard Enchaîné en kiosque mercredi.

Les deux hommes se sont vus trois quarts d'heure, mardi après-midi, pour éclaircir leur relation et convenir des modalités de leur séparation. Et voici ce qu'a déclaré Emmanuel Macron à la sortie de ce rendez-vous, selon l'hebdomadaire :

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Hollande est sociopathe.

 

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La définition de "sociopathe" telle que donnée par Larousse est limpide : "Personne atteinte de trouble de la personnalité caractérisé par le mépris des normes sociales, une difficulté à ressentir des émotions, un manque d’empathie et une grande impulsivité."

Auprès du Lab, l'entourage de l'ancien ministre dément que ce dernier ait qualifié François Hollande de "sociopathe". "Macron s'est fixé une règle qui est de ne pas laisser fuiter ce qu'il dit ou ce qu'il pense sur François Hollande. C'est une boule puante. Il ne peut pas l'avoir dit", assure-t-on. Il n'empêche, l'indifférence de François Hollande vis-à-vis des autres est une analyse partagée par de nombreux observateurs. Samedi 27 août, sur le plateau d'On n'est pas couché, le journaliste Karim Rissouli, auteur avec Antonin André du livre Conversations privées avec le président (éd. Albin Michel), décrivait le chef de l'État ainsi : "C'est un homme qui a très peu d'affect. En tous cas, quand il est en politique, il a très peu d'amis. On l'a même vu au moment des premiers gouvernements : il y a plein de hollandais historiques qui avaient été mis sur le côté."

François Rebsamen est l'un de ceux qui a été "mis sur le côté". Inspirateur du projet sécurité-police du candidat Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012, le maire de Dijon, à qui le ministère de l'Intérieur semblait promis une fois le socialiste élu, n'avait finalement pas été retenu. Notez que cela lui avait permis de profiter un peu plus longtemps des charmes bourguignons. Après avoir finalement occupé le ministère du Travail d'avril 2014 à septembre 2015, François Rebsamen avait décrit François Hollande comme ceci : "Il n'a pas d'affect. Ce type est un galet, je n'en ai jamais vu comme ça." Des propos rapportés par Renaud Dély et Henri Vernet dans leur livre Frères ennemis - L'hyperviolence en politique (éd. Calmann-Lévy)

Déjà dans l'ouvrage de la journaliste Cécile Amar, Jusqu'ici tout va mal (éd. Grasset), on pouvait trouver cette confidence de Valérie Trierweiler durant la campagne présidentielle : "François n'a pas d'affect". L'analyse n'est donc pas propre à Emmanuel Macron mais semble être partagée par nombre de personnes un temps proches du Président.

 

[EDIT 31 août] Ajout démenti de l'entourage d'Emmanuel Macron

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