Pour Emmanuel Macron, il manque un roi à la France

Publié à 07h26, le 08 juillet 2015 , Modifié à 18h48, le 08 juillet 2015

Pour Emmanuel Macron, il manque un roi à la France
Emmanuel Macron, ce royaliste. © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
Image Sébastien Tronche


Qui est Emmanuel Macron, politiquement ? S’il n’est pas encarté au Parti socialiste et pas forcément considéré comme tel par une partie de la gauche comme Jean-Christophe Cambadélis ou Christian Paul, le ministre de l’Economie, qui botte en touche pour ne pas dire qu’il est socialiste, est un homme plein de surprises.

>> Macron : "je ne serais pas socialiste. Dont acte"  

Dans une interview philo-politique accordée à Le 1 Hebdo, en kiosques ce mercredi 8 juillet, l’ancien conseiller de François Hollande à l’Elysée fait une révélation qui devrait plaire à ses détracteurs. De droite comme de gauche. Comme repéré par Lepoint.fr, Emmanuel Macron y dévoile ses tendances… royalistes. Non pas qu’il soit fan de Ségolène Royal, mais il semble un brin nostalgique de la monarchie.

L’iconoclaste ministre de François Hollande, interrogé sur le fait de savoir si "la démocratie est forcément déceptive", répond d'abord :

La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude car elle ne se suffit pas à elle-même.

Mais le président dans le cadre de la 5e République ne fait-il pas office de monarque républicain remplaçant la figure paternaliste du roi ? Emmanuel Macron ne le pense pas et poursuit :

Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n'est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace. On le voit bien avec l'interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au coeur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de la République, c'est qu'il occupe cette fonction. Tout s'est construit sur ce malentendu.

"La normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique" : le ministre de l’Economie fait-il ici référence à François Hollande, élu chef de l'Etat en 2012 face à Nicolas Sarkozy sur le credo du "président normal" ?

[Edit 18h47 : cet article mentionnait à l'origine, et de manière erronnée, cette citation d'Emmanuel Macron : "Il nous manque un roi." Une déclaration qui ne figure en réalité pas dans l'interview.]

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