Pour François Fillon, ceux qui l’ont lâché lors du "Penelope Gate" ont utilisé l’affaire comme un "prétexte"

Publié à 15h32, le 07 mars 2017 , Modifié à 15h42, le 07 mars 2017

Pour François Fillon, ceux qui l’ont lâché lors du "Penelope Gate" ont utilisé l’affaire comme un "prétexte"
Fillon au Trocadéro : "Regardez-les bien tous. Ici, ce sont mes amis. Les autres, on s'en fout". © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Image Victor Dhollande-Monnier


Il y a encore des endroits où François Fillon est accueilli en rock star et non pas avec un concert de casseroles. Lundi 6 mars, 450 personnes avaient déboursé 135 euros pour avoir le privilège de dîner avec le vainqueur de la primaire de la droite et du centre. Lors de cette soirée-débat, organisée par l’hebdomadaire très droitier Valeurs actuelles, François Fillon est forcément revenu sur la crise qui agite LR depuis les révélations du Canard Enchaîné sur les emplois présumés fictifs de sa femme et deux de ses enfants. Ce mardi 7 mars, Le Point révèle ce que Fillon a dit lors de dîner.

Mercredi 1er mars, François Fillon a convoqué lui-même une conférence de presse pour expliquer qui serait bientôt convoqué par la justice en vue d’une mise en examen. Démissions en cascade dès le soir-même et défections à la pelle les jours suivants. Pour François Fillon, "ces départs correspondaient à des hommes et des femmes qui ne m'avaient pas soutenu durant la primaire". Il explique :

Il y a eu une crise la semaine dernière parce qu'un certain nombre de responsables politiques ont choisi de suspendre ou de quitter la campagne que nous avions ensemble engagée. Et face à ces départs, qui pour l'essentiel d'ailleurs correspondaient à des hommes et des femmes qui ne m'avaient pas soutenu durant la primaire, ce qui était leur droit, et qui sans doute se sont servis de ce prétexte pour mettre en difficulté une campagne que je conduis sur la base du programme des primaires, sur la base des valeurs qui sont celles qui m'ont amené à gagner la primaire, devant ces départs successifs qui étaient manifestement destinés à me faire céder, qui étaient destinés à m'obliger à renoncer, j'ai choisi la seule méthode que je connais, c'est-à-dire le retour devant le peuple.

Autrement dit, François Fillon assure que ses vrais lieutenants lui sont restés fidèles depuis le début. Quid à ce moment-là de son directeur de campagne Patrick Stefanini, soutien de la première heure, qui a choisi de démissionner vendredi dernier ?

Fillon est donc soutenu, selon lui, par la base, la vraie, la seule qui pèse. Il a d’ailleurs confié au dîner de Valeurs actuelles que le rassemblement au Trocadéro a conditionné son choix. Il dit :

Si ce rassemblement avait été moyen, avait été médiocre, j'en aurais peut-être pris les conséquences, j'en aurais sûrement tiré les conséquences. Mais ça a été un succès au-delà de toutes nos espérances puisque 200 000 personnes se sont déplacées, avec trois jours de préavis, dans un temps absolument épouvantable. Et surtout, ce rassemblement a été une démonstration de force tranquille, ça a été une démonstration de démocratie, de sérénité, de respect des institutions, ça a été un grand rassemblement républicain là où on nous avait prédit un rassemblement factieux, un combat contre les institutions. 

Le rassemblement ayant été concluant, il ne pouvait renoncer. Au passage, il rebalance très tranquillement l’intox de Bruno Retailleau sur les 200.000 personnes présentes lors du rassemblement. Alors que, on le répète, la place du Trocadéro ne peut pas contenir plus de 50.000 personnes. 





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