Pour Juppé, la suspension du regroupement familial, proposée par Sarkozy, n'est "pas une attitude humaine"

Publié à 20h00, le 26 août 2016 , Modifié à 20h00, le 26 août 2016

Pour Juppé, la suspension du regroupement familial, proposée par Sarkozy, n'est "pas une attitude humaine"
© CHARLY TRIBALLEAU / AFP

LE MONOPOLE DU CŒUR - Alain Juppé s’est fait discret tout l’été. Quand l’autre favori des sondages s’est enfin déclaré lundi candidat à la primaire, le maire de Bordeaux l’a été encore davantage. Mais à la veille de sa rentrée politique à Chatou (Yvelines), l’ancien Premier ministre a décidé d’attaquer.

Pas brutalement, non. Ce n’est pas le genre de la maison. Alors, quand Le Figaro l'interroge sur Nicolas Sarkozy (interview à paraître le 27 août), il commence par évoquer pas mal de points communs avec sa "vieille connaissance" :

 

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J'ai été son ministre, il a été mon secrétaire général adjoint au RPR… Nous sommes de vieilles connaissances et il n'est pas étonnant que nous ayons des points communs. Je n'ai pas fini la lecture de son livre [Tout pour la France, ndlr], mais je remarque déjà que nous sommes d'accord sur le rétablissement des peines planchers, l'effectivité des peines, la construction de places de prison.

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Mais l’ancien Premier ministre insiste sur les différences de programmes. Par exemple, il n’est pas du tout d’accord avec la suspension du regroupement familial proposée par l’ancien Président, qu’il considère comme inhumaine :

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Nous avons aussi des différences. Par exemple, il veut suspendre le regroupement familial ; à mes yeux, ce n'est pas une attitude humaine. Je pense qu'il faut le maintenir à condition que la personne qui souhaite faire venir sa famille puisse justifier d'un revenu du travail.

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Dans son livre Tout pour la France (éd. Plon), Nicolas Sarkozy dénonce le regroupement familial, cette disposition légale qui permet à un ressortissant étranger régulièrement installé en France d'être rejoint par son conjoint et enfants mineur. "Le regroupement familial est devenu un droit quasi inconditionnel, générant des tensions fortes en matière d'emploi, de logement, d'accès à l'éducation dans notre pays, et menaçant notre cohésion sociale et nationale", écrit l'ex-Président.

Une proposition qu’Éric Woerth a d’ailleurs eu bien du mal à défendre. Sur BFMTV le 24 août, le secrétaire général de LR a avancé le chiffre de 100.000 personnes par an en France qui seraient concernées par le regroupement familial, et qu’il s’agirait là de la première source d’immigration. Ce qui est totalement faux, puisque cette diposition concerne 23.000 personnes par an.

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