Pour l'ancien secrétaire d'État Jean de Boishue, François Fillon "a un problème avec l'argent" : "il a peur d'en manquer"

Publié à 14h48, le 16 juillet 2017 , Modifié à 14h54, le 16 juillet 2017

Pour l'ancien secrétaire d'État Jean de Boishue, François Fillon "a un problème avec l'argent" : "il a peur d'en manquer"
François Fillon © AFP
Image Sylvain Chazot


La séquence électorale qui s'est achevée en juin reste, pour le camp Fillon, marquée du sceau du regret. Comment l'ancien favori de la présidentielle a-t-il pu sombrer, et son parti avec lui, alors que l'alternance semblait promise et assurée ? 

La faute est aujourd'hui imputable aux affaires qui ont plombé la campagne de l'ancien Premier ministre, à sa mise en examen pour, entre autre, "détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d'abus de biens sociaux", à l'affaire dite des costumes à plusieurs milliers d'euros offerts par Robert Bourgietc. La faute est donc aujourd'hui imputable à François Fillon en premier lieu. Il n'y a que François Fillon qui feint de penser autrement.

Proche de l'ancien Premier ministre, Jean de Boishue, ex-secrétaire d'État chargé de l’Enseignement supérieur dans le gouvernement Juppé I, commente cette défaite. Auprès de Mariannece dimanche 16 juillet, il parle lui aussi de ce rapport à l'argent de son ami Fillon. Le voici qui donne sa vision des faits :

Je ne pense pas que François [Fillon] aime l'argent, mais je pense qu'il a un problème avec l'argent. Il a peur d'en manquer.

Le rapport de François Fillon à l'argent a été au cœur des débats durant la campagne présidentielle. Le candidat LR prônait des mesures drastiques pour réduire la dette française. Cette perspective se voyait bouleversée par les révélations successives, sur l'emploi de son épouse et de ses enfants comme assistants parlementaires ou les onéreux cadeaux offerts par de sulfureux amis.

Durant la campagne, Jean de Boishue a longtemps soutenu François Fillon. "Je pense à toi, résiste", lui envoyait-il souvent en message, rapporte Marianne. C'est que l'ancien secrétaire d'État a une conviction qui dépasse le cadre de l'amitié portée à l'ancien chef du gouvernement. Jean de Boishue est persuadé que François Fillon était "le bon candidat au bon moment". "Il réconciliait cette droite éparpillée entre les gaullistes, les centristes, l'extrême droite, cette France profonde qui bossait et n'avait pas le droit à la parole", juge-t-il auprès de l'hebdomadaire. 

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