Pour le député LR Thierry Mariani, cela "ne rime plus à rien" de parler des droits de l'homme à l'étranger

Publié à 21h32, le 13 juillet 2016 , Modifié à 21h32, le 13 juillet 2016

Pour le député LR Thierry Mariani, cela "ne rime plus à rien" de parler des droits de l'homme à l'étranger
Thierry Mariani © AFP
Image Etienne Girard

Etienne Girard

Depuis 2012, Thierry Mariani est le député Les Républicains (LR) de la onzième circonscription des Français de l'étranger. A ce titre, il représente ses compatriotes vivant en Chine, en Australie, au Kazakhstan, en Azerbaïdjan et dans n'importe lequel des 49 pays qui forment son territoire d'élection. 

Parmi eux, il a la Russie. Dans un long portrait que lui consacre M, le magazine du Monde, à paraître ce vendredi 15 juillet, Thierry Mariani revient sur les rapports particuliers qu'il entretient avec le pays dirigé d'une main de fer par Vladimir Poutine. Où l'on apprend que le député y a rencontré sa femme, y aurait aidé le groupe Bouygues à s'implanter. Que depuis 2012, il co-préside l'association Dialogue franco-russe, qui serait noyautée par les services de renseignement russes.

Ce qui ne manque de piquant quand on se réfère à l'épisode du 28 avril dernier, lorsque Thierry Mariani a réussi à faire voter par l'Assemblée, contre l'avis du gouvernement, une résolution rédigée par ses soins, appelant l'UE à lever les sanctions financières imposées à la Russie à la suite du conflit avec l'Ukraine. L'ex-ministre de Nicolas Sarkozy confie son admiration pour Vladimir Poutine :

 

Avant, je pensais qu'il y avait deux chefs d'État valables en Europe : Merkel et Poutine. Avec l'attitude de l'Allemagne dans la crise migratoire, je n'en vois plus qu'un. [...] La France a besoin des Russes.

Surtout, ce qui exaspère Thierry Mariani, c'est qu'on vienne le bassiner avec le respect des droits de l'homme dans les pays de sa circonscription. Pour lui, cette approche de la politique est surannée :

 

Le passage imposé du "nous avons parlé des droits de l'homme" ne rime plus à rien. L'Europe est devenue vulnérable, à force de bons sentiments.

Une sortie qui porte le sceau de la "realpolitik". Rappelons que parmi les 49 pays de la circonscription figure l'Indonésie, où le Français Serge Atlaoui a été condamné à mort pour trafic de drogue, un crime qu'il a toujours nié. 

 

Du rab sur le Lab

PlusPlus