Pour le secrétaire d'Etat Jean-Baptiste Lemoyne, Jean-Luc Mélenchon ne peut pas s'indigner de la venue d'Erdogan à Paris, car il défend Maduro

Publié à 10h01, le 04 janvier 2018 , Modifié à 10h04, le 04 janvier 2018

Pour le secrétaire d'Etat Jean-Baptiste Lemoyne, Jean-Luc Mélenchon ne peut pas s'indigner de la venue d'Erdogan à Paris, car il défend Maduro
Le secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne et les députés LFI. © Montage le Lab via AFP
Image Loïc Le Clerc


Dans la vie, il faut faire des choix. On ne peut pas soutenir à la fois le Real Madrid et le FC Barcelone. On ne peut pas à la fois être au chômage et aller en vacances aux Bahamas (sauf pour le député LREM Damien Adam). De même, on ne peut pas critiquer le président turc Recep Tayyip Erdogan et, à la fois, défendre le président vénézuélien Nicolas Maduro. Du moins, c'est ce qu'avance le secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne.

Invité de Sud Radio ce jeudi 4 janvier, Jean-Baptiste Lemoyne est amené à s'exprimer sur la venue, vendredi 5 janvier, de Recep Tayyip Erdogan à Paris. Ce dernier vient à la rencontre de son homologue français Emmanuel Macron.

Déjà, le PCF et Jean-Luc Mélenchon ont condamné la venue du président turc en France, qualifié de "dictateur" pour sa politique répressive à l'encontre de toute opposition politique, notamment celle des Kurdes. Le journaliste de Sud Radio interroge alors le secrétaire d'Etat : "Est-ce qu'on n'est pas en train de commettre l'erreur de Sarkozy qui recevait Kadhafi au début de son mandat ?"

Réponse de Jean-Baptiste Lemoyne :

Quand je vois, j'ai encore en tête, Jean-Luc Mélenchon, sur une chaîne du service public, qui défendait mordicus Nicolas Maduro, le président vénézuélien, qui se rend coupable d'exactions dans son pays, pardon, mais c'est l'hôpital qui se fout de la charité.

Voilà. On notera que Jean-Baptiste Lemoyne ne répond pas à la question, mais à ce qui la précède, soit l'évocation du positionnement de la gauche radicale.

Tout le monde se souvient de ces images de la tente bédouine de Mouammar Kadhafi, plantée début décembre 2007 dans la résidence officielle de l'Hôtel Marigny à Paris. S'il ne s'agissait pas à proprement parler d'une visite d'Etat, il a quand même été reçu par Nicolas Sarkozy à deux reprises. Photos sur le perron de l'Elysée à l'appui. Puis, il y a eu les révélations de Mediapart sur un financement supposé de sa campagne de 2007 par la Libye, l'intervention de la France au moment des Printemps arabes, la mort de Kadhafi... Autant d'affaires qui suivent toujours l'ancien Président et qui continuent de l'agacer.

Auparavant, Jean-Baptiste Lemoyne a justifié la visite de Recep Tayyip Erdogan à Paris, assurant qu'"il faut parler avec tout le monde, tout le temps". Le secrétaire d'Etat a ajouté :

Il est important de maintenir le fil du dialogue avec toutes les nations qui comptent. La Turquie est un pays avec lequel la France a de nombreuses relations, culturelles, économiques, et ça n'empêche pas de passer des messages très clairement. Dans l'intimité d'un bureau présidentiel, il se dit beaucoup de choses, y compris sur les Droits de l'Homme. On assume nos valeurs et on demande à nos partenaires d'être fidèles à cette convention européenne.

Les 2 et 3 janvier, le PCF et le député LFI Jean-Luc Mélenchon s'étaient indignés de l'annonce de la venue du président turc en France, dénonçant "un nouvel outrage à l'égard des familles des victimes et des Kurdes qui subissent une impitoyable guerre meurtrière".

Du rab sur le Lab

PlusPlus