Pour lutter contre l'absentéisme scolaire, Nicolas Sarkozy reparle de supprimer les allocations

Publié à 16h17, le 06 avril 2016 , Modifié à 16h29, le 06 avril 2016

Pour lutter contre l'absentéisme scolaire, Nicolas Sarkozy reparle de supprimer les allocations
© DR

Nicolas Sarkozy prononce un (long) discours, ce mercredi 6 avril, en clôture de la journée éducation et enseignement supérieur organisée par Les Républicains. 53 minutes et quelques au cours desquelles l'ancien chef de l'État a tout le loisir de donner sa vision de l'école, en profitant pour critiquer les "érudits et les savants" qui ont "bac + 25 et bac + 32" et qui prétendent "déterminer ce qu'est la politique universitaire et éducative d'un pays". Non mais !

Nicolas Sarkozy déroule donc ses propositions dont celle qui fait parler : un service militaire adapté pour les "décrocheurs". "À partir de l'âge de 18 ans, toute personne qui n'aura pas son bac, qui ne sera pas en apprentissage, ne sera pas en formation, ne sera pas en stage, ira faire un service militaire adapté où il pourra réapprendre les règles de vie en commun", lance l'ex-président.

Mais ce n'est pas la seule proposition notable de Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'État parle également des absentéistes récurrents. "Aujourd'hui le chef d'établissement a le choix entre l'exclusion pour des élèves qui ne viennent pas. On passe d'un absentéisme illégal à un absentéisme légal. 'Non mais ça fait 15 jours que tu ne viens pas. Je te mets dehors trois jours. Ça fera 18 jours'. Vous voyez le truc ?" imite-t-il avant de proposer de "nouvelles formes de punitions" pour les "premiers refus d'autorité".

Cela commencerait par des travaux d'intérêt général et se terminerait par "la possibilité d'être contraint à aller vers un établissement de réinsertion scolaire qui serait un internat", propose Nicolas Sarkozy. Sauf que cette mesure pourrait concerner des mineurs, ce qui implique donc l'autorisation préalable des parents. L'ancien chef de l'État a, là–aussi, la solution :

"

Si les parents ne sont pas d'accord, eh bien il y aura suspension des allocations familiales. […] Naturellement, ça ne concerne qu'une minorité. Mais c'est toujours cette minorité qui rend impossible la vie dans un établissement.

 

"

En 2011, un dispositif avait été mis en place par la loi Ciotti destinée à lutter contre l'absentéisme scolaire. Cette mesure prévoyait  la suspension partielle des allocations en cas d'absentéisme non justifié et répété. Cette disposition avait été supprimée en 2013 par la gauche. 619 suspensions d'allocations avait été actées in fine. 142 allocations avaient été reversées une fois l'élève revenu à l'école, précisait en 2013 FranceTVinfo. 

On le voit : Nicolas Sarkozy veut faire preuve d'autorité concernant l'école. Mais pas que.

Il loue le principe de sélection à l'entrée de l'université, notamment en autorisant les universités à décider du montant de leurs droits d'inscription. Le chef de LR veut néanmoins instaurer un plafond car, "la liberté ne va pas sans la régulation", juge-t-il. Et pour vanter les mérite de la "régulation", l'ancien chef de l'État prend un exemple tout à fait inadapté :

"

Regardez-moi le marché des matières premières aujourd'hui. Bel exemple ! On est passé d'un baril de pétrole à 130 dollars le baril… au plus bas il était à 27… Voilà ce que donne… Et je vous parie que dans deux ans, ils vont flamber encore !

 

"

L'exemple du pétrole n'était peut-être pas le plus parlant pour vanter les mérites de la régulation, la baisse du coût du baril pouvant être un levier de croissance, du moins pour la France. Mais c'est une autre histoire… 

Du rab sur le Lab

PlusPlus