Pour Manuel Valls, Edwy Plenel utilise "les mêmes mots que la propagande de Daech"

Publié à 09h29, le 15 novembre 2017 , Modifié à 10h19, le 15 novembre 2017

Pour Manuel Valls, Edwy Plenel utilise "les mêmes mots que la propagande de Daech"
© Capture d'écran BFTMV
Image Sylvain Chazot


L'effet papillon. Les accusations de viol et d'agressions sexuelles contre Tariq Ramadan ont enclenché une guerre entre Edwy Plenel et Charlie Hebdo. En faisant sa une sur le directeur de Mediapart, l'accusant de n'avoir rien dit sur les accusations portées contre le prédicateur musulman, l'hebdomadaire satirique s'est attiré les foudres de plusieurs intellectuels.

Nouvelle étape ce mercredi 15 novembre avec l'édito de Riss, intitulé Jamais. Le directeur de Charlie Hebdo estime que son homologue de Mediapart "condamne à mort une deuxième fois" sa rédaction en estimant que sa une fait partie d'une campagne "générale" de "guerre aux musulmans".

Invité de BFMTV ce mercredi, Manuel Valls, qui a aussi été visé par Edwy Plenel, est interrogé sur l'édito de Riss. Pour l'ancien Premier ministre, les mots du directeur de Mediapart sont "un appel au meurtre". "C'est un appel au meurtre. Ce n'est pas une petite polémique. Edwy Plenel n'est pas n'importe qui", débute le député de l'Essonne.

Il poursuit :

Quand on reprend la phrase exacte d'Edwy Plenel, où il me cite par ailleurs, où il nous assimile à l'extrême droite, c'est très grave.  C'est très grave. C'est un appel au meurtre. Et on ne joue pas avec ça. […] Oui c'est un appel au meurtre. Parce qu'en désignant Charlie Hebdo, au-delà de la faire aussi pour ce qui me concerne ou de le faire aussi à l'égard de Caroline Fourest, accusée de mener une croisade… Ces mots sont importants. Tous ces mots : guerre contre les musulmans, croisade... Ce sont exactement les mêmes mots, c'est la même sémantique, utilisés par les islamistes, utilisés par la propagande de Daech.

Et Manuel Valls d'estimer que, ce faisant, Edwy Plenel le désigne, ainsi que Charlie Hebdo et Caroline Fourest "comme des cibles".

Dans la foulée, Manuel Valls a reçu le soutien d'Éric Ciotti, attaqué selon lui par "des islamo-gauchistes" :  





Sur franceinfo le 8 novembre, Edwy Plenel avait estimé que "la une de Charlie Hebdo fait partie d'une campagne plus générale que l'actuelle direction de Charlie Hebdo épouse". "Monsieur Valls et d'autres, parmi lesquels ceux qui suivent monsieur Valls, une gauche égarée, une gauche qui ne sait plus où elle est, alliée à une droite voire à une extrême droite identitaire, trouve n'importe quel prétexte, n'importe quelle calomnie pour en revenir à leur obsession : la guerre aux musulmans, la diabolisation de tout ce qui concerne l'islam et les musulmans", ajoutait-il.

Dans son édito, ce mercredi, Riss estime que les mots d'Edwy Plenel – qu'il raccourcit amplement – "désigne Charlie Hebdo comme un agresseur supposé des musulmans, adoube ceux qui demain voudront finir le boulot des frères Kouachi". "Si demain on nous liquide tous, si demain nous ne sommes plus là, espérons qu'il subsistera quelques courageux qui demanderont justice contre ceux qui nous auront frappés, mais aussi contre les esprits qui les auront armés", écrit encore Riss. 









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