Pour Valls, "il y a une rupture de confiance" avec Hollande : "un manque de respect incroyable"

Publié à 20h53, le 25 octobre 2016 , Modifié à 07h39, le 26 octobre 2016

Pour Valls, "il y a une rupture de confiance" avec Hollande : "un manque de respect incroyable"
Manuel Valls et François Hollande. © AFP
Image Sébastien Tronche


IL EST OU LE RESPECT ? - Manuel Valls se prépare. Juste au cas où François Hollande renoncerait à se présenter à la primaire de la gauche en janvier. Et sème, avec ses soutiens, ses petits cailloux. Conséquence directe du livre de confidences Un Président ne devrait pas dire ça… qui a installé le doute au cœur même des élus socialistes les plus légitimistes qui cherchent un plan B. Toujours au cas où.

Pour autant, le Premier ministre assure qu’il "ne veut pas renverser le Président", selon des propos rapportés par Le Canard Enchaîné en kiosques ce mercredi 26 octobre. Et Manuel Valls, qui aiguise ses armes, d’ajouter aussitôt :

Je ne veux pas renverser le Président mais me déscotcher de lui. Comme j’ai commencé à le faire au Canada, je suis déterminé à multiplier les pas de côtés.

François Hollande est prévenu. Les dernières confidences présidentielles, vues par certains dans son camp comme un "suicide", ont ainsi été jugées "irresponsables" et "indéfendables" par son Premier ministre. Un Manuel Valls qui a expliqué "en privé" qu’il fallait "maintenant éviter que le suicide personnel ne devienne collectif".

Toujours selon le palmipède, Manuel Valls ne décolère pas contre les propos tenus par François Hollande devant les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Ainsi a-t-il poursuivi sa diatribe contre François Hollande "devant ses troupes". Une tirade des plus cinglantes :

Il y a toutes les deux pages du livre un truc qui est une bombe. Tout ce qu’il dit sur ses ministres comme sur les sportifs, les magistrats, en fait sur tout le monde, est problème. De même que révéler le verbatim de conversations sensibles avec des chefs d’Etat, Poutine et Tsipras, ou se livrer à des confidences sur des aspects de notre politique de défense avec des indiscrétions sur les autorisations d’assassinats.

La coupe est décidément trop pleine pour celui qui rêve aussi de l’Elysée. Manuel Valls poursuit sur le thème de la confiance perdue envers son n+1 :

Il y a une rupture de confiance avec le Président. Comment faire confiance à quelqu’un que vous connaissez depuis longtemps, avec lequel vous travaillez quotidiennement, et qui fait écouter vos conversations à des journalistes ? C’est un manque de respect incroyable à l’égard de moi-même, de ses autres interlocuteurs comme des institutions.

Un constat qui vient conforter les ambitions du Premier ministre. "Si Hollande n’y va pas, dans la minute, je suis candidat", confiait-il, selon Le Monde du 17 octobre. Au point de contribuer, avec ses troupes, et fort de l’argument de la perte de confiance, à empêcher François Hollande de se présenter ?

Ces confidences s'inscrivent dans le story-telling entamé depuis plusieurs jours/semaines par Manuel Valls, entre déplacements tous azimuts et tribunes sur Facebook pour expliquer qu’il a beau être un chef du gouvernement fidèle au Président, il garde quand même sa liberté… Depuis le Canada mi-octobre, Manuel Valls a ainsi pris ses distances vis-à-vis des confidences présidentielles, estimant qu'il fallait avoir, dans l'exercice du pouvoir, "de la pudeur, de la hauteur de vue".





[Edit 26/10 à 7h34] Le Premier ministre est extrêmement tourmenté en ce moment. Il a promis de rester fidèle au Président mais il a du mal à retenir ses critiques. "Ce qui ne va pas du tout, c’est l’exercice du pouvoir", confie-t-il à ses proches depuis plusieurs jours, comme le rapporte Libération mercredi 26 octobre. Le premier ministre dit encore :



On peut dire ce qu’on veut : transparence, vérité, cohérence ; mais l’atteinte à l’exercice du pouvoir ça, ça me heurte et je l’ai dit au Président. Je ne peux pas laisser passer.

Du rab sur le Lab

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