Pour Matthias Fekl, Emmanuel Macron "croit davantage en une forme de monarchie qu’en la démocratie"

Publié à 13h21, le 01 septembre 2017 , Modifié à 17h50, le 01 septembre 2017

Pour Matthias Fekl, Emmanuel Macron "croit davantage en une forme de monarchie qu’en la démocratie"
Matthias Fekl et Emmanuel Macron, encore au gouvernement de Manuel Valls en 2014. © AFP
Image Victor Dhollande-Monnier


Depuis la claque reçue au premier tour de la présidentielle par Benoît Hamon, les socialistes qui veulent participer à la reconstruction de la gauche éprouvent quelques difficultés à se structurer. Battu aux législatives dans le Lot-et-Garonne, l’ancien ministre de l’Intérieur Matthias Fekl n'a cependant pas envie de baisser les bras. "Aujourd'hui, je trouve important de dire notre opposition à un pouvoir brutal, arrogant et injuste", assure-t-il ce vendredi 1er septembre dans un entretien accordé au journal Sud Ouest.

Après avoir déjà souligné qu’Emmanuel Macron faisait tout pour "éliminer toux ceux dans sa génération qui peuvent le gêner", Matthias Fekl continue de cibler le chef de l’Etat sur sa tentation hégémonique. Il évoque le "vrai visage" du Président dans les colonnes du quotidien régional :

Celui d’un homme qui décide seul, avec les technocrates et non avec les citoyens et qui au fond croit davantage en une forme de monarchie qu’en la démocratie.

Le conseiller régional de Nouvelle aquitaine estime que les "citoyens de gauche qui étaient sincèrement attirés par Emmanuel Macron commencent tous à éprouver une déception très forte" :

Jupiter est en train de se transformer en Icare et son aile gauche est d'ores et déjà brûlée.

Pour étayer son propos, l’ancien secrétaire d'Etat au Commerce extérieur de François Hollande cite la suppression de "l'impôt sur la fortune pour les plus riches", la "baisse de l'aide au logement pour les étudiants", "les cadeaux fiscaux à nos compatriotes les plus aisés" face au report des "réformes fiscales favorables aux classes moyennes et populaires".

Ce malaise éprouvé par les membres du gouvernement issus des rangs de la gauche n’est pas fantasmé par Matthias Fekl. Selon les informations du Figaro, plusieurs personnalités du gouvernement d’Édouard Philippe réfléchiraient même à constituer un groupe pour faire contrepoids au trio Le Maire-Darmanin-Lecornu.

"Face à cela, c'est à nous de reconstruire une gauche crédible", poursuit Matthias Fekl. Mais il est conscient que la reconstruction sera longue son camp. "Cela va prendre du temps. Il est normal qu'après cette défaite historique, le PS soit inaudible, mais ça ne va pas durer éternellement", promet-il.  

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