Pour Nicolas Hulot, il faut ouvrir le débat sur l'interdiction de la corrida en France

Publié à 09h22, le 23 juin 2017 , Modifié à 09h56, le 23 juin 2017

Pour Nicolas Hulot, il faut ouvrir le débat sur l'interdiction de la corrida en France
Nicolas Hulot © Capture d'écran BFMTV
Image Sylvain Chazot


EST-CE QUE CE MONDE EST SÉRIEUX ? - Nicolas Hulot est depuis longtemps un militant anti-corrida. Et sa position ne va pas varier maintenant qu'il est ministre d'État. Elle va simplement se parer de formules politiques.

Invité de BFTMV ce vendredi 23 juin, le ministre de la Transition écologique et solidaire est interrogé sur la tauromachie et sur son éventuelle interdiction. Nicolas Hulot sent bien le potentiel explosif du sujet. Il réaffirme sa positon et reconnaît la nécessité d'ouvrir un débat. Voici l'échange avec Jean-Jacques Bourdin :

-          Nicolas Hulot : Je ne vais pas changer d'avis parce que je suis ministre. Je ne suis pas pour la corrida mais en même temps…

-          Jean-Jacques Bourdin : Faut-il aller jusqu'à l'interdire ?

-          Nicolas Hulot : Écoutez, ça fait partie des débats de société parce que c'est un débat culturel…

-          Jean-Jacques Bourdin : Vous le mettrez sur la table ?  

-          Nicolas Hulot : En tout cas, je pense qu'il ne faut pas l'esquiver.

-          Jean-Jacques Bourdin : Faut pas esquiver ce débat ?

-          Nicolas Hulot : Faut pas esquiver ce débat.

-          Jean-Jacques Bourdin : Il faut l'ouvrir, donc ?

-          Nicolas Hulot : Oui, voilà. Chacun connaît ma position et est-ce que ma position doit primer sur un débat de société ? C'est un débat culturel, c'est un débat régional, c'est un débat identitaire. Voilà, je ne vais pas tamiser mon point de vue parce que je suis ministre.

L’engagement de Nicolas Hulot sur ce sujet n'est pas récent. Dimanche 18 juin, au lendemain de la mort d'un torero dans les Landes, Marianne rappelait cette tribune de l'ancien animateur de TF1 publiée en 2011 sur le site internet Le Post. "Je soutiens la proposition de loi visant à punir, sans exception, les sévices graves envers les animaux domestiques, apprivoisés, ou tenus en captivité qui a été proposée à la cosignature des sénateurs le 5 mai 2011 par Roland Povinelli, sénateur-maire d’Allauch (Bouches-du-Rhône). Dans cet esprit, je demande au ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, le retrait immédiat du classement de la corrida sur la liste du patrimoine culturel immatériel français. (…) Non, il n’est plus acceptable de tuer pour se divertir. Non, il n’est plus acceptable de donner en spectacle la souffrance animale. Non, il n’est plus acceptable d’élever nos enfants en leur laissant voir la cruauté envers les animaux comme une tradition à préserver", écrivait-il.

La corrida pourra-t-elle être interdite en France ? Pas sûr. Elle bénéficie en tout cas d'un soutien de poids : le chef de l'État. En avril, dans le quotidien La Provence, le candidat Macron se posait au contraire comme un défenseur de la corrida. "La corrida fait partie intégrante de la culture et de l'économie, y compris du tourisme, de la région. Je suis à ce titre opposé à l'interdiction dans les territoires de tradition taurine", disait-il.

Comme dirait Manuel Valls, on peut donc débattre mais le débat est clos. 

Du rab sur le Lab

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