Pour Sarkozy, Trump a gagné parce qu'il exprime le rejet de "la pensée unique" (comme lui)

Publié à 11h42, le 09 novembre 2016 , Modifié à 11h45, le 09 novembre 2016

Pour Sarkozy, Trump a gagné parce qu'il exprime le rejet de "la pensée unique" (comme lui)
Nicolas Sarkozy © Capture d'écran BFMTV
Image Sylvain Chazot


Nicolas Sarkozy avait prévenu : s'il avait été Américain, il aurait voté Hillary Clinton. Seulement l'ancien Président, pour être amoureux des États-Unis, n'est pas pour autant Américain. Et Hillary Clinton a perdu la présidentielle américaine. Ce qui n'est pas lié.

Nicolas Sarkozy réagit ce mercredi 9 novembre, à la victoire de Donald Trump. Certes, ce n'est pas le résultat qu'il escomptait. Mais tout même, le candidat à la primaire de la droite voit dans ce succès une validation de ses propres thèses. Après avoir adressé ses vœux de succès au 45e président américain, il dit :



Le message du peuple américain doit être entendu. Comme le choix du Brexit par les Britanniques, il exprime une volonté de changement. Il exprime le refus d’une pensée unique qui interdit tout débat sur les dangers qui menacent notre nation, cette pensée unique refuse de voir la réalité du rejet d’un commerce mondial qui n'est ni loyal, ni équitable, cette pensée unique qui ne voit pas l'exigence des peuples quant à la maîtrise de l'immigration et au respect des frontières, cette pensée unique qui ignore la nécessité des mesures à prendre pour protéger les citoyens du terrorisme islamiste.

Evidemment, le candidat à la primaire de la droite se voit comme le correspondant français de Donald Trump car lui aussi veut combattre la "pensée unique" et les "élites". Et Nicolas Sarkozy d'évoquer le président russe Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi Jinping qui, comme Donald Trump, "ne se posent pas de questions pour défendre les intérêts de leurs pays". Sous-entendu comme lui entend le faire. 

Ce discours tranche cependant avec le regard que portait Nicolas Sarkozy sur celui qui n'était encore que candidat à la primaire du Parti républicain. En mars dernier, depuis Londres, l'ancien chef de l'État français avait dénoncé le "populisme" et la "vulgarité" du milliardaire.

"Ce monsieur ne mérite pas tant d'intérêt que cela. Ce qui est assez effrayant c'est l'impact qu'il a. Je trouve terrifiant qu'il y ait 30% d'Américains qui peuvent se reconnaître là-dedans, disait-il. […] Ça fait frémir. Ça me fait frémir aussi sur l'état d'une partie de l'Amérique profonde."

Ce qui était donc autrefois du "populisme" et de la "vulgarité" est donc aujourd'hui un "refus de la pensée unique". Les temps changent. Mais l'honnêteté nous oblige à préciser que ce revirement sarkozyste était intervenu avant la victoire du républicain. Sur France 3, dimanche 6 novembre, l'ex-chef de l'État décrivait Donald Trump comme le symptôme du "malaise de la démocratie", malaise qui, selon lui, "vient du fait qu'une forme de pensée unique interdit de présenter des solutions et de parler des problèmes tels que les gens les vivent". 

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