Pour Nicolas Sarkozy, "on ne peut pas se poser la question de l'intervention en Libye", "notre banlieue"

Publié à 19h22, le 18 mai 2016 , Modifié à 19h25, le 18 mai 2016

Pour Nicolas Sarkozy, "on ne peut pas se poser la question de l'intervention en Libye", "notre banlieue"
Nicolas Sarkozy © VALERY HACHE / AFP

En avril dernier, Barack Obama avait admis quelle était sa pire erreur en huit années passées à la Maison Blanche : "probablement" le manque de suivi après l'intervention militaire en Libye. Un mea culpa américain prononcé alors que, cinq ans après l'action de la coalition internationale contre le régime de Mouammar Kadhafi, le pays sombre dans le chaos, permettant à Daech d'étendre son influence.

Nicolas Sarkozy n'est pas du tout sur cette ligne. Invité de France Inter ce mercredi 18 mai, l'ancien chef de l'État explique ne pas regretter d'avoir reçu, lorsqu'il était à l'Élysée, Mouammar Kadhafi et Bachar el-Assad. Il refuse également de prononcer le moindre remord concernant l'intervention française en Libye en 2011.

Il dit :

 

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Il y avait une grande polémique, fallait-il intervenir en Libye ou pas ? Je veux dire à nos auditeurs qu'on peut se poser la question de l'intervention en Afghanistan, qu'on peut se poser la question de l'intervention au Koweït à l'époque de Mitterrand, qu'on peut même se poser la question de l'intervention en Irak. On ne peut pas se poser la question de l'intervention en Syrie et en Libye parce que la Syrie et la Libye c'est la Méditerranée et que la Méditerranée, pardon de le dire, c'est un peu notre banlieue.

"

C'est cette proximité qui, donc, justifie l'intervention française en Libye. "Il y a une realpolitik qui fait que la paix dans le monde dépendra beaucoup de l'équilibre de la Méditerranée", explique Nicolas Sarkozy, avant de prendre pour exemple la Tunisie. "Si Tunis tombent, nos pauvres amis tunisiens, on est à 780 kilomètres de Nice. C'est nous qui auront les problèmes", prévient l'ancien président de la République. Voilà pourquoi il fallait discuter avec tout le monde, y compris des dictateurs. C'est aussi, dans cet esprit, qu'il fallait intervenir en Libye : pour éviter "les problèmes".

 

[BONUS TRACK] L'Algérie un pays sûr ?

Nicolas Sarkozy porte un regard complet sur la situation des pays méditerranéens. Y compris sur l'Algérie. Sur France Inter, l'ancien président de la République évoque le cas du pays du Maghreb. Et par forcément en bien. Il dit :

 

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J'entendais tout à l'heure que les Allemands avaient placé sur la liste des pays sûrs l'Algérie... Je ne porte pas de jugement mais enfin, ça me fait le même effet qu'à vous... Bon, je fais très attention à ce qu'on dit à propos de l'Algérie. 

"

 

 

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