Pour répondre aux critiques socialistes envers Macron, Bayrou explique que lui aussi avait "des préjugés"

Publié à 20h19, le 29 mars 2017 , Modifié à 20h19, le 29 mars 2017

Pour répondre aux critiques socialistes envers Macron, Bayrou explique que lui aussi avait "des préjugés"
© Capture d'écran BFMTV
Image Amandine Réaux


C’est l’information de ce mercredi 29 mars : Manuel Valls votera Emmanuel Macron à la présidentielle. Au mépris, donc, de l’engagement pris lors de la primaire de la Belle Alliance Populaire remportée par Benoît Hamon. Cela a proprement courroucé bon nombre de responsables socialistes [élisez ici la déclaration la plus violente]. "C’est écœurant", s’est agacée Martine Aubry, pour qui l’ancien Premier ministre "va soutenir la finance et celui qui n’aime pas les gens" après avoir fait la campagne de François Hollande en 2012, qui avait pour adversaire "le monde de la finance".

"Ce sont des caricatures", a balayé François Bayrou sur BFMTV ce mercredi. Le patron du MoDem est bien placé pour le savoir, lui qui avait étrillé le candidat du "pouvoir de l’argent" avant de le rallier. "Il m’est arrivé moi-même, durant le combat, d’utiliser des arguments proches", assume-t-il aujourd’hui.

Du coup, le maire de Pau retourne à son avantage ce revirement un poil embarrassant en expliquant que c’étaient des "préjugés" :



 - François Bayrou : Je travaille avec Emmanuel Macron depuis déjà plus d’un mois, tous les jours. Sur ce point, j’ai la certitude que ce ne sont pas ses valeurs.

- Journaliste : Vous avez changé d’avis ?

- François Bayrou : Oui parce que je le connaissais finalement assez peu, par l’écran de télévision.

- Journaliste : Vous aviez des préjugés ?

- François Bayrou : Il y avait des raisons d’avoir des préjugés, d’abord il s’est installé sur mon terrain, ce que j’aimais pas fondamentalement. [...] Sa préoccupation est dans la recherche de l’intérêt général et pas dans l’intérêt particulier.


Selon la logique de François Bayrou, les cadres socialistes n’étrilleraient pas Emmanuel Macron comme le candidat de l’argent s’ils le connaissaient vraiment. Ce que Martine Aubry, qui combat les positions de l’ancien ministre de l’Économie depuis plusieurs années refuse d’entendre. À la tribune lors du meeting de Benoît Hamon à Lille ce mercredi, l’ex-ministre de l’Emploi a réitéré ses attaques contre l’adversaire de son poulain.

Au passage, le président du MoDem reproche à l’ex-locataire de Bercy de s’être "installé sur [son] terrain". Mais manifestement, c’est désormais de l’histoire ancienne.

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