Pourquoi Manuel Valls ne s’est pas fait huer au congrès du Parti socialiste

Publié à 17h50, le 06 juin 2015 , Modifié à 09h02, le 07 juin 2015

Pourquoi Manuel Valls ne s’est pas fait huer au congrès du Parti socialiste
Manuel Valls à Poitiers © JEAN-PIERRE MULLER / AFP

"On est des grands garçons, on ne va pas le faire siffler."

L’aveu, signé d’une des têtes d’affiche de la fronde, révèle la volonté commune de l’aile gauche et de l’aile droite du PS de ne pas montrer une image d’un parti divisé. Et ce, d’autant plus une semaine après le congrès fondateur du nouveau parti de Nicolas Sarkozy, Les Républicains, durant lequel François Fillon et Alain Juppé ont essuyé quelques hués de la part des militants. Au JDD, CHristian Paul se félicite également de l'image donnée par son parti en comparaison de celui de la droite :

 

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Il n'y a pas eu un seul sifflet. Nous ne sommes pas chez les libéraux conservateurs sarkozystes.

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Rien de tout ça donc à Poitiers, ce samedi 6 juin, pour le discours de Manuel Valls qui a vanté le rassemblement de la famille socialiste.

D’une part car les "militants de base" n’étaient pas conviés au congrès, réservé aux apparatchiks à la différence de l’université d’été de la Rochelle (où Manuel Valls avait été froidement accueilli, notamment par les Jeunes socialistes avec qui il croise régulièrement le fer). Et d’autre part car, pendant que le Premier ministre mouillait sa chemise à la tribune avec un discours habile et consensuel, les tenants de la motion B remplissaient leurs verres à la buvette, profitant du soleil estival pictave.

Le résultat d’une vraie volonté politique et communicationnelle des frondeurs. "Comme on ne pouvait pas exprimer notre opposition, à la demande des chefs, on a préféré sortir et aller à la buvette", confie au Lab un signataire de la motion B qui aurait bien aimé montrer sa désapprobation à l’égard du Premier ministre et de sa politique.

In fine, Manuel Valls a été applaudi avec force. Aucune turbulence n’est venue perturber cette deuxième journée d’un congrès officiellement apaisé et "serein", un mot qui est revenu comme un mantra dans la bouche de nombre de socialistes tout au long du week-end.

Face à l’ex-UMP, l’opération "tout va bien Madame la marquise" (chanson parodiée par les frondeurs pour moquer Valls et Cambadélis) est un succès. De façade ?

Du rab sur le Lab

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