Président burkinabé parti "réparer la clim" : Macron assure qu'il aurait pu faire la même blague à Juncker

Publié à 20h40, le 29 novembre 2017 , Modifié à 06h01, le 30 novembre 2017

Président burkinabé parti "réparer la clim" : Macron assure qu'il aurait pu faire la même blague à Juncker
Emmanuel Macron © AFP
Image Sylvain Chazot


C'est une sortie pour le moins remarquée. Mardi 28 novembre, dans le grand amphithéâtre de l'université de Ouagadougou, au premier jour de sa tournée en Afrique,  Emmanuel Macron a eu un échange pour le moins survolté avec des étudiants burkinabés. C'est là que le chef de l'État français a tenu des mots que certains ont perçu comme insultants envers le président de Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

Polémique immédiate en France : Emmanuel Macron est accusé de "mépris" et d'"incident diplomatique", voire de "racisme" par certains. Sur RFI ce mercredi, il s'explique et plaide l'humour :  

Ce sont eux, les paternalistes car, c'est considérer qu'on ne peut pas faire d'humour quand on parle avec un dirigeant africain. J'aurais fait de l'humour avec tout dirigeant européen avec qui j'ai cette relation. Nous n'avons pas ce type de relation avec Angela Merkel. Je l'ai par exemple avec Jean-Claude Juncker. Je l'ai avec le Premier ministre luxembourgeois. Ça dépend de la relation personnelle. Il se trouve qu'avec Roch Kaboré, nous nous entendons bien et donc, nous plaisantons et d'ailleurs, ça ne vous aura pas échappé que ça l'a fait rire.

Et le chef de l'État de juger cette polémique "ridicule". "C'est ridicule d'abord parce que les commentateurs étaient hors contexte. Vous [les journalistes de RFI] étiez là et vous avez vu qu'il n'y avait rien de ce qui a été commenté. Il y avait simplement l'énergie, la vitalité, la sincérité d'un moment et de son instantanéité", dit-il avant d'assurer que l'humour est la preuve, au contraire, d'un profond respect pour le président du Burkina Faso :

L'humour, c'est une relation d'égal à égal. C'est de se dire qu'on peut plaisanter de soi et de l'autre. Il y aurait des sujets interdits en Afrique. Il y aurait des vérités qu'on ne peut pas se dire. Ça fait partie de ces blocages. On doit pouvoir se dire les choses de manière dépassionnées et on doit aussi pouvoir plaisanter.  

Mardi, en réponse à la question d'une étudiante portant notamment sur la prochaine ouverture d'une centrale électrique française et le fait de savoir si la climatisation des salles de l'université liée à cette installation allait perdurer "pendant longtemps", le Président français avait répondu ceci :

Moi je ne veux pas m’occuper de l’électricité dans les universités au Burkina Faso ! [Sourire du président Roch Marc Christian Kaboré] C’est le travail du président ! Alors par contre je vous rassure [le Président burkinabé quitte la scène]... du coup il s'en va, reste là ! Du coup, il est parti réparer la climatisation.



D'après une journaliste du Parisien présente sur place, l'entourage du chef d'État burkinabé aurait ensuite justifié son départ de l'estrade par un besoin pressant... Ce qu'a confirmé sur Twitter un conseiller du président Roch Kaboré.

Dans un communiqué publié mardi, les députés de La France insoumise ont vu dans les mots présidentiels un "écart de langage des plus méprisants", qui aurait "entaché les relations diplomatiques" entre la France et le Burkina Faso. Même tonalité du côté du FN, par la voix par exemple de son vice-président Nicolas Bay, ou de Nicolas Dupont-Aignan, ce dernier allant même jusqu'à parler de racisme.

On le voit, Emmanuel Macron n'a pas la même vision. 

Du rab sur le Lab

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