Présidentielle : le réconfort ou les coups durs pour les candidats sur leurs terres

Publié à 04h36, le 24 avril 2017 , Modifié à 05h11, le 24 avril 2017

Présidentielle : le réconfort ou les coups durs pour les candidats sur leurs terres
© Montage Le Lab via AFP
Image Etienne Baldit


LE RETOUR À LA TERRE - Ce sont bien évidemment les résultats nationaux que l'on regarde en premier au moment de tirer les enseignements d'un scrutin comme l'élection présidentielle. Mais une majorité des candidats ayant un ancrage électoral local, il est souvent instructif de se pencher sur les chiffres qu'ils réalisent sur leurs terres. Et si ce que l'on nomme toujours des "fiefs" leur permettent souvent de se rassurer, il arrive que des contre-performances se produisent. En l'occurrence, qu'en est-il pour les principaux candidats à la présidentielle ?

Arrivé en tête au niveau national dimanche 23 avril, Emmanuel Macron n'a, on le sait, jamais été élu auparavant. Mais il s'en tire plutôt bien dans sa ville natale d'Amiens. Le candidat En Marche ! y récolte la première place et 28% des voix, devant Jean-Luc Mélenchon (24), Marine Le Pen (18) et François Fillon (14). Et au Touquet où son épouse possède une maison de vacances, il fait certes 30% mais derrière François Fillon à 50%. La candidate du Front national, également qualifiée pour le second tour, réalise elle un vrai carton à Hénin-Beaumont où elle avait tenté de devenir députée (et où elle avait organisé sa soirée électorale), avec 46% des voix (contre 19 pour Mélenchon, 14 pour Macron et 8 pour Fillon).

Éliminé dès le premier tour avec 19,9% des voix après une campagne infernale, il sera difficile à François Fillon de trouver une quelconque raison de se réjouir après le premier tour. Mais tout de même, son département de la Sarthe (28%)  et les villes de Sablé (45%) et surtout Solesmes (60%) lui sont restés très fidèles... Jean-Luc Mélenchon n'arrive quant à lui que second dans son département de l'Essonne (21% contre 26% à Macron) ainsi que dans la ville de Massy dont il fut conseiller municipal (27%, contre 31% pour Macron). À Paris, où il vit et à laquelle il est très attaché, il n'est que troisième derrière l'homme en marche et François Fillon.

Gros coup dur également pour Benoît Hamon qui, en plus d'un score qui a tout d'une humiliation au niveau national (6,35%), n'est que second dans sa ville de Trappes, dans les Yvelines. Il y totalise 24% des voix, contre 32 à Jean-Luc Mélenchon. 

Et puis il y a les communes qui méritent qu'on s'y attarde même si elles ne sont pas directement liés aux candidats. Dans la très hollandaise ville de Tulle (Corrèze), par exemple, c'est encore Emmanuel Macron qui termine en tête (30%), devant Jean-Luc Mélenchon (23%), François Fillon (14%) et Marine Le Pen (13%). François Fillon aura pu compter sur le soutien sans faille de ville très à droite comme Neuilly-sur-Seine (chez Nicolas Sarkozy, 64%) ou Levallois-Perret (chez Patrick Balkany, 40%). Pas de quartier en revanche dans la ville de son meilleur ennemi, Jean-François Copé. À Meaux, c'est le candidat insoumis qui est premier avec 25%, quand François Fillon n'est que quatrième...

Du côté d'Évry enfin, dont Manuel Valls fut maire, on n'a pas du tout écouté les appels à voter Macron émis par l'ex-Premier ministre. Jean-Luc Mélenchon y fait 34% devant l'ancien ministre de l'Économie, à 26%.

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