Présidentielle : Manuel Valls trouve "étrange" et "pas normal" que François Hollande ne prenne pas position

Publié à 11h39, le 07 avril 2017 , Modifié à 11h40, le 07 avril 2017

Présidentielle : Manuel Valls trouve "étrange" et "pas normal" que François Hollande ne prenne pas position
© AFP
Image Amandine Réaux


Non, Manuel Valls ne regrette pas d’avoir trahi l’engagement pris lors de la primaire organisée par le PS en apportant son soutien à Emmanuel Macron. Et tant pis si cela a suscité "une sorte de rage du désespoir" chez les soutiens de Benoît Hamon, se moque l’ancien Premier ministre auprès de Libération vendredi 7 avril. Lui "note juste que les Français réagissent plus calmement". S’il est vrai que 200.000 personnes ne se sont pas réunies au Trocadéro pour protester contre ce choix, "les Français" étaient tout de même 61% à trouver la décision "illogique" selon un sondage. Une militante a même porté plainte contre le PS pour abus de confiance et demandé le remboursement de sa participation au scrutin.

Bref, Manuel Valls est persuadé d’avoir pris la bonne décision. "Face à l’histoire, un responsable politique doit prendre position", justifie-t-il. En attendant la fin de la campagne présidentielle (qu’il n’est pas invité à mener avec Emmanuel Macron), Manuel Valls repasse à l’offensive contre François Hollande :

Ne pas prendre position pendant la primaire, je trouvais déjà cela étrange. Dans une présidentielle, je pense que ce n’est pas possible, du moins pas normal.

Et 1-0 pour l’ancien Premier ministre *normal*. Celui qui est redevenu député de l’Essonne n’a donc toujours pas digéré que le président de la République ne lui apporte pas son soutien lors de la primaire. Manuel Valls avait quitté le gouvernement après le renoncement du chef de l’État pour représenter la ligne gouvernementale lors de la primaire. Mais sa candidature avait été perçue comme une trahison à l’égard de son n+1, qu’il aurait poussé à bout en lui demandant chaque jour s’il comptait se représenter, sans prendre la peine de cacher ses ambitions élyséennes.

Officiellement, François Hollande n’a pris position ni pour son ancien ministre frondeur Benoît Hamon, ni pour son autre ancien ministre et chouchou Emmanuel Macron, préférant faire campagne contre le Front national. Mais il fait peu de doutes que le candidat d’En Marche ! reçoit les faveurs présidentielles. Il reçoit même des SMS de conseils du chef de l’État. Ce qui ne le prive pas de se détacher de son ancien mentor et de lui envoyer publiquement quelques scuds.

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