Primaire de la droite : la campagne de François Fillon à contre-courant des sondages

Publié à 01h25, le 21 novembre 2016 , Modifié à 01h28, le 21 novembre 2016

Primaire de la droite : la campagne de François Fillon à contre-courant des sondages
© JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Image Amandine Réaux


François Fillon l’a redit dans son (modeste) discours de victoire au premier tour de la primaire de la droite dimanche 20 novembre : il est arrivé en tête en "démentant toutes les prédictions". Selon des résultats quasi définitifs, le député de Paris obtient près de 45 % des suffrages, très très loin devant Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, qui étaient pourtant placés en tête des sondages depuis deux ans.

Pendant toute sa campagne, l’ancien Premier ministre n’a eu de cesse de critiquer les sondages qui le donnaient alternativement troisième ou quatrième homme de ce scrutin, alors que lui y croyait à mort.

  • Regardez plutôt le succès de mon livre

Dès novembre 2015, François Fillon avançait déjà "la preuve" qu’il ne fallait pas se fier aux sondages : le succès de son livre en librairie, qui s’était écoulé à 46.000 exemplaires.



C’est la preuve que les sondages pour la primaire ne veulent rien dire.
  • Mes concurrents sont tous nuls

En avril, François Fillon avait étrillé tour à tour chacun de ses concurrents, laissant entendre qu’ils étaient tous nuls et que son programme à lui seul pouvait "casser la baraque". Cité par Le JDD, l’ancien Premier ministre dégommait "les expérimentés" (Alain Juppé), "les femmes" (NKM), "les jeunes" (Bruno Le Maire), et bien sûr Nicolas Sarkozy, "le candidat de la revanche". François Fillon enterrait plus spécifiquement celui dont il fut le "collaborateur" pendant cinq ans :



Sarkozy m'a appris que les Français étaient régicides. Une fois que vous avez coupé la tête du roi, c'est difficile de la remettre sur son cou.
  • "Les Français n’ont pas la tête à la primaire"

Au mois de mai, soit six mois avant le premier tour du scrutin, François Fillon assumait son petit score dans les sondages. Mais l’ancien Premier ministre relativisait en assurant que les Français "se [sentaient] très éloignés de cette préoccupation" :



Les Français n'ont pas encore la tête à la primaire. Alors les sondages... C'est purement virtuel. Au final, ça va se jouer projet contre projet. Et là, on verra bien celui qui est le plus cohérent.
  • Tbt la COCOE

Toujours au mois de mai, François Fillon imaginait que les Français avaient encore une mauvaise image de son parti à cause de la guerre qui l’avait opposé à Jean-François Copé pour la présidence de l’UMP en 2012 :



Beaucoup de Français se méfient, ils ont le souvenir de la façon dont Jean-François Copé avait triché !
  • Le terrain > les sondages

Avec cinq meetings par semaine pendant les cinq dernières semaines, François Fillon a privilégié le terrain, après la présentation de son programme chiffré et son livre sur les questions de sécurité et de terrorisme. Et à en croire l’un de ses soutiens en octobre, les sondages ne reflétaient pas du tout l'accueil que lui réservaient les Français sur le terrain :



La réalité du terrain est bien différente que celle des sondages.
  • Les sondages sont mal réalisés

Les sondages, ça veut rien dire, et en plus ils sont mal réalisés. François Fillon avait dénoncé l’échantillon réduit sur lequel travaillent les sondeurs :



L’échantillon sur lequel les sondeurs travaillent actuellement pour mesurer les intentions de vote est réducteur. Il s’agit de militants de droite qui savent et disent qu’ils voteront.
  • On m’a enterré

Fin octobre, le marathon des meetings entamé, François Fillon a senti la dynamique monter. Et se voyait déjà au second tour face à Alain Juppé - force est de constater qu’il a eu le nez creux. Au Figaro, il déclarait :



Le duopole s’est effondré. Je suis convaincu d’être au second tour.

Et de plaisanter sur les sondages qui le donnaient très bas, puis un peu plus haut par la suite :



Tel que le vent tourne aujourd'hui, ça devrait être Juppé. Mais je me méfie des pronostics. Il y a trois semaines, si je les avais écoutés, je me serais demandé pourquoi je faisais encore campagne !
  • La faute aux médias

Dans une interview à Valeurs fin octobre, François Fillon affirmait que "le duel Juppé-Sarkozy est survendu par les médias" alors qu’il "ne correspond pas à ce [qu’il sent] sur le terrain". L’ancien ministre en avait conclu qu’il était "le vote utile" pour faire gagner la droite à la présidentielle de 2017, face au Front national et au Parti socialiste. 

Du rab sur le Lab

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