"Propos indignes, brutaux, sexistes" : La guerre est déclarée entre Jean-Luc Mélenchon et France 2

Publié à 06h30, le 05 décembre 2017 , Modifié à 15h44, le 10 décembre 2017

"Propos indignes, brutaux, sexistes" : La guerre est déclarée entre Jean-Luc Mélenchon et France 2
Jean-Luc Mélenchon © Capture d'écran France 2
Image Sylvain Chazot


La guerre est définitivement déclarée entre Jean-Luc Mélenchon et France 2. Lundi 4 décembre, quatre jours après son passage à L'Émission politique, le leader de la France insoumise a écrit un très long billet de blog dans lequel il invective violemment les journalistes Léa Salamé, Nathalie Saint-Cricq et François Lenglet, coupables à ses yeux d'avoir transformé son moment de télévision en "traquenard médiatique". Des mots violents, insultants, des "attaques odieuses et inacceptables de la part de Jean-Luc Mélenchon", s'indigne la Société des Journalistes de France 2 qui, dans un communiqué publié lundi soir, "souhaite apporter son soutien à [ses] confrères" et "à toute l'équipe de L'Emission Politique".

Le communiqué se poursuit :

La SDJ s'indigne en particulier des propos brutaux, sexistes, totalement gratuits et inadmissibles tenus par Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui sur son blog et dirigés ad hominem contre notre consœur Nathalie Saint Cricq.

Sur son blog, lundi, Jean-Luc Mélenchon a laissé éclater sa colère au sujet de L'Émission politique, dont il était l'invité. Concernant Nathalie Saint-Cricq spécifiquement, avec laquelle il s'était déjà violemment écharpé en plateau – puis après, lui suggérant, selon Quotidien, d'aller "se faire foutre", le député LFI des Bouches-du-Rhône écrit :

Madame Saint-Cricq n’étant pas le moindre problème du fait qu’elle ne comprend pas la moitié des sujets dont on discute et qu’elle gouverne avec cette hargne caractérielle qui est la signature des faibles, une équipe de gens tétanisés par ses foucades et humeurs.

Les méthodes de François Lenglet sont également étrillées, le journaliste étant accusé de vouloir garder secret le sujet qu'il souhaite traiter avec l'invité, mais aussi d'avoir lancé une intox en affirmant que l'acheteur d'un véhicule de luxe préférera l’acheter en Belgique plutôt qu’en France où la TVA lui coûterait trop cher – ce qui est sinon faux au moins largement plus compliqué.   

Léa Salamé est elle-aussi ciblée par Jean-Luc Mélenchon. Le leader de La France insoumise présente la journaliste comme "une personne sans foi ni loi", en "pleine hystérie". Il évoque avec plein de sous-entendus "ses liens familiaux et communautaires politiques", puis il l’accuse de servir de "passe-plat des campagnes des USA", des USA qui, en passant, sont accusés par Jean-Luc Mélenchon d’avoir "soutenu en sous-main Daech en Syrie"

Des mots lourds de sens que la SDJ de France 2 dénonce donc. Elle rejette également l'idée de Jean-Luc Mélenchon de créer en France, sur le modèle belge, un "tribunal professionnel qui puisse être saisi et qui ait le pouvoir de sanction symbolique contre les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs". Un "tribunal" que la SDJ de France 2 juge "incompatible avec le nécessaire débat démocratique, auquel France 2 s'est toujours associé".

Réaction immédiate de Jean-Luc Mélenchon sur Twitter qui estime que la SDJ de France 2, "sans doute sous pression, soutient une attitude indigne de la déontologie professionnelle".





La colère de Jean-Luc Mélenchon n'est cependant pas due qu'à L'Émission politique. Fin novembre, le JT de France 2 avait été accusé d'avoir tronqué l'une des phrases de l'élu en meeting, laissant croire que La France insoumise était "démoralisée" alors que le député des Bouches-du-Rhône parlait de "certains secteurs de la société". La journaliste Anne-Sophie Lapix avait elle-même reconnu la faute lors du JT, quelques jours plus tard. Une séquence évoquée jeudi 30 novembre, lors de L'Émission politique.

Depuis des années, Jean-Luc Mélenchon et ses partisans mènent un combat sans relâche contre les journalistes qu'ils estiment partisans. France 2 fait partie de ses cibles favorites, tout comme Le Monde.

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