"Putain il est chiant, lui" : François de Rugy assure qu’il réagissait à un SMS et non à l’intervention en séance d’un député PCF

Publié à 20h51, le 11 juillet 2017 , Modifié à 20h55, le 11 juillet 2017

"Putain il est chiant, lui" : François de Rugy assure qu’il réagissait à un SMS et non à l’intervention en séance d’un député PCF
© KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Image Amandine Réaux


Les néo-députés ne sont pas les seuls pour qui le métier doit rentrer. François de Rugy, qui leur a lui-même adressé une petite mise au point après qu’une trentaine d’entre eux a loupé le vote sur la prorogation de l’état d’urgence, doit lui aussi s’adapter à son nouveau poste de président de l’Assemblée nationale. Il en a fait les frais ce mardi 11 juillet.

Alors que les députés débattent du projet de loi portant habilitation à réformer le code du travail par ordonnances, François de Rugy distribue la parole depuis le perchoir. Quelques secondes avant l’intervention du communiste Jean-Paul Dufrègne, il lâche un "Putain il est chiant, lui", repéré par Politis.





Deux heures et de nombreux partages plus tard, son collègue PCF Sébastien Jumel adresse un rappel au règlement à François de Rugy :



Sur Twitter, à l’heure où nous parlons, Politis, qui est attentif à nos débats, fait état, avant l’intervention d’un député communiste, Jean-Paul Dufrègne, pour ne pas le citer : 'Putain il est chiant, lui', avant qu’il parle. Et donc je voulais simplement faire un rappel au règlement pour dire que, quelles que soient les interventions des parlementaires, qu’ils soient dans la ligne du gouvernement ou non, le Président de l’Assemblée est filmé, considérant qu’un camarade député est 'chiant' lorsqu’il parle. Et donc, je n’ose penser que c’est lui dont il s’agissait. Et donc je veux faire un rappel au règlement pour dire que, quelles que soient les opinions défendues dans cet hémicycle, nous puissions valablement les défendre dans l’intérêt des électeurs que nous représentons, des territoires dont nous sommes l’émanation et de la République dont nous sommes la représentation.


François de Rugy assure pourtant qu’il réagissait non pas à l’intervention à venir du député communiste, mais d’un SMS qu’il avait reçu. Il dit :



J’ai moi-même vu également ces commentaires sur les réseaux sociaux. Je tiens à vous dire avec la plus grande solennité que ça ne s’adressait aucunement à un député ni de votre groupe, ni d’un autre groupe, que j’ai informé, d’ailleurs, votre président de groupe, André Chassaigne, dès que j’ai eu connaissance de ces commentaires sur Twitter, qui sont une mauvaise interprétation. En effet, je pensais que mon micro était coupé et je réagissais à un message que j’avais reçu par SMS. Voilà. Donc ça ne visait en aucun cas [Jean-Paul Dufrègne] et jamais je ne me permettrais d’avoir de tels propos, ni aucun président de séance, je pense, à l’égard d’un des collègues de cette Assemblée. Je tiens à ce que les choses soient le plus clair possible. Donc à la limite, je vous remercie de me donner l’occasion de faire cette mise au point au micro. Et j’espère du coup que les commentaires sur Twitter, journalistiques ou autres, ne manqueront pas de s’arrêter immédiatement. J’en doute quelque peu, mais ce n’est pas grave.


Après revisionnage attentif de la séquence sur le site internet de l’Assemblée, où le plan est plus large que sur la vidéo isolée par Politis, le Lab est en mesure de témoigner de la présence de deux téléphones portables, posés à la gauche de François de Rugy, vers lesquels il tourne son regard. Difficile cependant de confirmer que le président de l’Assemblée les consulte effectivement avant de prononcer la phrase fatidique.

Du rab sur le Lab

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