Quand Alain Juppé se fait alpaguer par Robert Bourgi, figure de la "Françafrique" qui disait transporter des valises de millions de francs pour Jacques Chirac

Publié à 20h53, le 27 janvier 2016 , Modifié à 23h32, le 27 janvier 2016

Quand Alain Juppé se fait alpaguer par Robert Bourgi, figure de la "Françafrique" qui disait transporter des valises de millions de francs pour Jacques Chirac
© Captures d'écran Canal+
Image Sylvain Chazot


Alain Juppé participe lui aussi a des séances de dédicaces pour son livre, Pour un État fort (éd. JC Lattès). Ce fut le cas samedi 23 janvier, à Bordeaux. Et dans sa ville, devant ses lecteurs, l'ancien Premier ministre a fait une drôle de rencontre. Comme l'a repéré Le Petit Journal de Canal+ ce mercredi 27 janvier, Alain Juppé a reçu la visite d'un visage venu de loin : Robert Bourgi.

Robert Bourgi n'est pas un inconnu. Surtout pas d'Alain Juppé.

Avocat, il est surtout connu pour être une des figures de la "Françafrique". En septembre 2011, il avait affirmé au Journal du Dimanche avoir transporté durant les années 90 des "millions de francs" d'États africains au profit de Jacques Chirac. Selon lui, le président de la République de l'époque et le secrétaire général de l'Élysée, Dominique de Villepin, étaient parfaitement au courant de ses agissements. Un passé quel que peu encombrant.

Ce samedi 23 janvier, à Bordeaux, Robert Bourgi explique donc à Alain Juppé que "ça lui fait plaisir" de lui "serrer la main". L'homme explique aussi qu'il faut "oublier les vieilles chimères" et qu'il aimerait "bien" voir Alain Juppé.

L'ancien Premier ministre accepte. Il répond :

Très bien, on essayera de se voir à Paris. […] D'accord, faites-moi un petit mot. Je suis au 29 boulevard Raspail.

Voici l'échange capté par Le Petit Journal :


< br />


Dans le même numéro du JDD de septembre 2011, Robert Bourgi avait bien ciblé Alain Juppé qui, nommé ministre des Affaires étrangères en 2011, l'avait mis sur la touche.

Robert Bourgi déclarait au JDD :

Alain Juppé a pris la tête du Club 89 [en 1981], un cercle de réflexion de chiraquiens qui s’est installé dans de superbes locaux de l’avenue Montaigne. C’est moi qui ai signé le bail du loyer, qui était de 50.000 francs mensuels, une somme pour l’époque. […] L’argent d’Omar Bongo a payé le loyer pendant des années, entre 1981 et 1992. Les espèces du président gabonais ont fait vivre les permanents pendant des années… Le secrétaire général du Club 89, Alain Juppé, ne pouvait pas l’ignorer.

En septembre 2015, le JDD écrivait que Robert Bourgi avait décidé de soutenir François Fillon pour la primaire de la droite et du centre. "Je conserve mon estime et mon affection à Nicolas [Sarkozy] mais ses dernières déclarations sur l'islam et l'immigration ne passent pas", avait-il confié à l'hebdomadaire.

Du rab sur le Lab

PlusPlus