Quand François Fillon regrettait que les scandales éthiques ne fassent la une des journaux que "pendant trois jours"

Publié à 20h32, le 14 février 2017 , Modifié à 20h32, le 14 février 2017

Quand François Fillon regrettait que les scandales éthiques ne fassent la une des journaux que "pendant trois jours"
© AFP
Image Amandine Réaux


Oh la belle archive qui tâche. Cette fois-ci, elle ne concerne pas Penelope Fillon qui assurait n’avoir "jamais été l’assistante parlementaire de son mari", mais le candidat LR lui-même. La pépite a été dénichée par Brut mardi 14 février. Le 2 septembre 2016, alors qu’il était encore candidat à la primaire de la droite, François Fillon poursuivait dans son offensive antisarkozyste, quelques jours après avoir demandé : "Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?"

Invité de Franceinfo:, l’ancien Premier ministre dénonçait alors avec vigueur le "système politico-médiatique" qui ne s’acharnerait pas assez sur les scandales éthiques des politiques, citant Nicolas Sarkozy, mais aussi la phobie administrative de Thomas Thévenoud, éphémère ministre de François Hollande. Voici ce que déclarait François Fillon à l’époque :



- François Fillon : Il y a un problème d’abaissement du niveau d’éthique dans la vie politique. [...] Il y a des ministres qui ne paient pas leurs impôts. [...]

- Journaliste : Vous pouvez pas mettre Sarkozy et Thévenoud sur le même plan.

- François Fillon : Ce que je mets sur le même plan, c’est la manière dont le système politico-médiatique passe sur toutes ces affaires. Tout ça, ça fait la une pendant trois jours, et puis ensuite c’est fini, on n’en parle plus. Et moi, sur le terrain, je rencontre tous les jours des gens qui me disent : 'Moi, quand je passe devant le radar, je paie'.










Cette archive récente se retourne contre François Fillon lui-même, alors qu’il est empêtré dans l’affaire des emplois fictifs présumés de son épouse Penelope et de ses deux aînés Marie et Charles comme assistants parlementaires. Les révélations du Canard Enchaîné ce mardi 14 février sur la situation fiscale de Thierry Solère semblent faire cyniquement écho au "ministre qui ne paie pas ses impôts" dénoncé par François Fillon à l’époque.

Une chose est sûre en tout cas : depuis trois semaines, la vie politique est rythmée par les révélations du Canard Enchaîné, de Mediapart, du Parisien et du Monde sur l’affaire Fillon. Pour une fois, la *règle des trois jours* n’aurait probablement pas dérangé le candidat LR qui se persuade que "le temps va faire son oeuvre".

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