Quand la nouvelle ministre de la Justice démissionnait de son poste de recteur pour protester contre Fillon

Publié à 12h40, le 22 juin 2017 , Modifié à 14h15, le 26 décembre 2017

Quand la nouvelle ministre de la Justice démissionnait de son poste de recteur pour protester contre Fillon
Nicole Belloubet, ministre de la Justice © AFP
Image Loïc Le Clerc


#PassionArchives - Le remaniement ministériel a vu plusieurs illustres inconnus débarquer au gouvernement. Parmi eux : Nicole Belloubet, au ministère de la Justice pour y remplacer François Bayrou, redevenu un *simple citoyen*.

L'occasion est belle pour fouiller les archives, au cas où. C'est ce qu'a fait Luc Bronner, directeur de la rédaction du Monde. Et il a déniché un article de 2005, où l'on apprend que Nicole Belloubet, alors responsable des services de l'Éducation nationale dans l'académie de Toulouse, venait juste de démissionner de son poste de rectrice.









Dans un courrier, elle indiquait :



La raison de ma démission réside, aujourd'hui, dans la difficulté de plus en plus certaine à assurer une continuité dans le discours pédagogique que j'ai porté [...] et dans la capacité à affirmer une cohérence entre des ambitions affichées et des actes posés concrètement. Je ne pense pas trouver désormais la force de conviction suffisante pour servir le ministère de l'Éducation nationale au niveau de détermination qu'exige ma conception de l'éthique professionnelle.

Nommée à ce poste par le gouvernement Jospin, en 2000, Nicole Belloubet justifiait sa "décision difficile" par la politique de l'époque, celui du gouvernement Raffarin, dans lequel François Fillon était alors ministre de l'Education. Une source au sein du ministère de l'Éducation avançait alors :



Elle avait une politique qui insistait sur les nouvelles méthodes pédagogiques. Des décisions comme la suppression des TPE (travaux personnels encadrés) lui ont donné le sentiment de devoir faire un grand écart permanent.

Reste à savoir si la désormais Garde des Sceaux s'entendra bien avec l'actuel ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer. Celui-ci était directeur général de l'enseignement scolaire en 2009, quand Luc Chatel était ministre. Rappelez-vous, François Baroin avait même "versé une larme" de joie en apprenant sa nomination. Décidément, le macronisme est passé maître dans l'art de l'équilibrisme.

Du rab sur le Lab

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