Quand le camp Sarkozy faisait appel à Bernard Squarcini pour récupérer "une note" sur l'affaire Cahuzac

Publié à 15h08, le 04 novembre 2016 , Modifié à 15h08, le 04 novembre 2016

Quand le camp Sarkozy faisait appel à Bernard Squarcini pour récupérer "une note" sur l'affaire Cahuzac
Nicolas Sarkozy et Bernard Squarcini © Montage via AFP

Le talent d'un homme se mesure parfois à l'influence de ses amis. De ce point de vue, Nicolas Sarkozy est un homme très talentueux qui a su faire perdurer certains liens pour le moins avantageux, comme celui existant avec l'ancien patron de la Direction centrale du renseignement intérieur, Bernard Squarcini, un homme plutôt bien informé et qui, semble-t-il, aime bien partager ses connaissances avec ses copains.

Selon Le Monde de ce vendredi 4 novembre, Bernard Squarcini a ainsi été contacté par le bureau de Nicolas Sarkozy en avril 2013, alors qu'éclatait aux yeux de tous la désormais fameuse affaire Cahuzac. Les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme retranscrivent  un message laissé sur le répondeur du portable de l'ancien patron de la DCRI le 4 avril 2013, soit juste deux jours après les aveux du ministre des Finances.

Le secrétariat de Nicolas Sarkozy demande à Bernard Squarcini d'"appeler au bureau". Ce qu'il fait. On lui transmet Michel Gaudin, directeur de cabinet de l'ancien président de la République et, auparavant, directeur général de la police. Et voici l'échange tel que retranscrit par Le Monde, selon les écoutes judiciaires menées dans le cadre de l'enquête visant Bernard Squarcini :

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-          Michel Gaudin : On ne peut pas récupérer une note, là ?



-          Bernard Squarcini : Je vais essayer. Mais bien sûr qu’ils étaient au courant.



-          Michel Gaudin : Bon, alors il faut lancer l’opération Victor Hugo.

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Le camp Sarkozy essaye ainsi, écrit Le Monde, d'obtenir la preuve que François Hollande était au courant de l'existence du compte en Suisse de Jérôme Cahuzac. Bernard Squarcini mène l'enquête et recontacte le bureau de Nicolas Sarkozy deux semaines plus tard, le 16 avril 2013, pour leur signaler qu'il a "un petit blanc" concernant l'affaire Cahuzac, comprendre une note confidentielle sans en-tête ni signature, précise le quotidien du soir.

Cette note a été retrouvée dans le coffre loué par Bernard Squarcini à la BNP. Elle indique que "l’argent placé en Suisse n’appartiendrait pas qu’à M. Cahuzac" mais aurait servi à financer le PS et Dominique Strauss-Kahn. Cité, Bernard Squarcini assure que Nicolas Sarkozy a lu la note et que "ça l'a intéressé". En revanche, Michel Gaudin assure au Monde n'avoir aucun souvenir de cette note, ni de l'"opération Victor Hugo".

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