Quand le ministre de la Justice Urvoas transmettait à Thierry Solère une note sur l'enquête le concernant

Publié à 19h56, le 12 décembre 2017 , Modifié à 21h51, le 12 décembre 2017

Quand le ministre de la Justice Urvoas transmettait à Thierry Solère une note sur l'enquête le concernant
Jean-Jacques Urvoas et Thierry Solère © Montage le Lab via AFP
Image Etienne Baldit


Il pourrait s'agir d'un spectaculaire cas de violation du secret judiciaire, de la part d'un ministre de la Justice (désormais retraité de la politique) et en faveur d'un député, aujourd'hui membre de la majorité et questeur de l'Assemblée. L'histoire, qui date de l'entre-deux-tours de la présidentielle, est racontée par Le Canard Enchaîné mercredi 13 décembre.

À l'époque, Thierry Solère est encore député LR et a lâché François Fillon. Il semblerait qu'il ait été informé d'une possible nomination au poste de ministre de l'Intérieur en cas de victoire d'Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. Mais il le sait, il est visé par une enquête pour fraude fiscale, blanchiment et trafic d'influence. Il évoque alors le sujet avec le garde des Sceaux, le socialiste Jean-Jacques Urvoas. Dans la foulée, ce dernier sollicite la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG), qui lui fournit en retour une note "blanchie", soit une synthèse du dossier Solère.

Note confidentielle que Jean-Jacques Urvoas... transmet à Thierry Solère. Il utilise pour cela une messagerie cryptée et jusqu'ici inviolable, Telegram. Mais Thierry Solère conserve une copie du document "dans son propre téléphone", écrit Le Canard. Et les enquêteurs sont *tout naturellement* tombés dessus le 26 juin durant une perquisition au domicile du député fraîchement réélu (mais pas encore rallié à La République en marche), au cours de laquelle ses ordinateurs et ses smartphones ont été fouillés.

Mis à part Jean-Jacques Urvoas qui n'a pas répondu aux sollicitations de l'hebdomadaire satirique, toutes les parties en présence confirment l'information. À commencer par la procureure de Nanterre, Catherine Denis, qui a signalé ces faits au procureur général près la Cour de cassation. Les avocats de Thierry Solère, de leur côté, minimisent la portée de cette communication, évoquant un "message qui, de façon neutre et objective, confirmait l'existence du contenu de l'enquête en cours, d'ores et déjà rendue publique, sans se prononcer sur les suites qui en seraient données"

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