Quand l'ex-conseiller de Hollande passait un oral blanc de l'ENA organisé par Édouard Philippe et avec un Laurent Wauquiez "infect"

Publié à 18h17, le 02 novembre 2017 , Modifié à 18h21, le 02 novembre 2017

Quand l'ex-conseiller de Hollande passait un oral blanc de l'ENA organisé par Édouard Philippe et avec un Laurent Wauquiez "infect"
Édouard Philippe, Gaspard Gantzer et Laurent Wauquiez © Montage le Lab via AFP
Image Etienne Baldit


C'est l'une des nombreuses anecdotes et autres scènes de la vie politico-institutionnelle que Gaspard Gantzer raconte dans son livre-carnet de bord de ses années passées à l'Élysée, La politique est un sport de combat (Fayard), publié jeudi 2 novembre. Mais si celle-ci n'a pas grand chose à voir avec le quinquennat de François Hollande, elle trouve une résonance toute particulière dans les débuts de celui d'Emmanuel Macron.

La scène date du début des années 2000. L'ex communicant en chef de l'Élysée la raconte à la faveur du souvenir d'un déplacement présidentiel d'octobre 2015 au Havre. Gaspard Gantzer y croise le député-maire LR de la ville, Édouard Philippe, qui n'est pas encore Premier ministre mais élu local juppéiste et inconnu du grand public. "La dernière fois que nous nous sommes croisés, c'était au Conseil d'État, il y a quinze ans, resitue d'abord Gantzer. Il avait gentiment accepté d'organiser un grand oral blanc de l'ENA pour aider Sébastien Proto [futur conseiller de Nicolas Sarkozy, ndlr], mon compagnon de révision, et moi-même, tous deux admissibles..."

Le désormais ancien communicant de François Hollande raconte ensuite avoir adoré les cours de droit dispensés par Édouard Philippe à Sciences po Paris et s'être bien entendu avec lui à l'époque. Raison pour laquelle il l'appelle au lendemain d'une soirée bien arrosée pour fêter l'annonce de son admissibilité (surprise, selon lui) aux oraux de l'ENA. Et de narrer cette histoire improbable qui met également en scène un certain Laurent Wauquiez, alors tout juste diplômé de l'ENA et aujourd'hui grand favori pour prendre la présidence de Les Républicains :

Il m'a répondu tout de suite. Quand je lui ai appris la nouvelle, il m'a chaleureusement félicité, comme on accueille un nouveau membre dans un club anglais. Constatant ma panique et mon impréparation, il m'a rassuré : 'On se fait toute une montagne des oraux techniques, mais il faut juste savoir quelques trucs de base. Pour le grand O, je vous propose d'organiser un entraînement au Conseil d'État. Vous allez voir, c'est très simple. Il suffit d'avoir l'air gris.'

Je m'étais marré et avais saisi l'occasion. Quelques jours plus tard, on s'était retrouvés dans une salle de section au Palais-Royal. Le jury blanc composé pour l'occasion comprenait Édouard Philippe et plusieurs jeunes auditeurs au Conseil d'État, à peine sortis de l'ENA, dont Laurent Wauquiez. Il s'appelait d'ailleurs à l'époque Wauquiez-Motte et il avait été infect. Il nous avait interrogés sur tout, de Louis XII à la jurisprudence du Conseil d'État, en passant par le football et les films d'arts martiaux. Il avait une idée sur tout. Un cauchemar.

Le monde est donc définitivement petit et il est fort savoureux de retrouver aujourd'hui tous ces personnages là où ils sont, chacun menant sa barque dans les premiers mois de la présidence d'Emmanuel Macron. Et si ce dernier ne figure pas dans cette scène, il occupe en revanche une place évidemment centrale dans le récit du quinquennat précédent par Gaspard Gantzer, qui y parle beaucoup de son ami (et camarade de l'ENA) "Emmanuel", tour à tour conseiller, ministre de plus en plus turbulent puis successeur de François Hollande.

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