Quand Nicolas Sarkozy faisait le forcing pour imposer David Hallyday sur France Télévisions

Publié à 17h54, le 12 octobre 2017 , Modifié à 18h14, le 12 octobre 2017

Quand Nicolas Sarkozy faisait le forcing pour imposer David Hallyday sur France Télévisions
"T'inquiète mon Jojo, je vais trouver un poste pour ton fiston". © DOMINIQUE FAGET / AFP
Image Victor Dhollande-Monnier


A chaque Président ses petits caprices. Une fois arrivé au pouvoir, les récents présidents de la République – au moins depuis Valéry Giscard d’Estaing – ont nourri quelques lubies, pensant certainement que personne ne pouvait résister à leur volonté. Dans son livre Le Fait du Prince (éd. Calmann Lévy), et dont Le Point publie ce jeudi 12 octobre les bonnes feuilles, la journaliste Béatrice Houchard livre quelques anecdotes croustillantes sur les envies des chefs de l’Etat. 

Interrogé dans cet ouvrage, Patrice Duhamel, qui a croisé tous les présidents depuis les années 1970, n'en revient toujours pas sur le fan de télé, Nicolas Sarkozy :



Nicolas Sarkozy est sans doute l’un des rares hommes politiques à disposer d’une vraie culture télévisuelle. Mais il aime davantage les journalistes sportifs que les philosophes des émissions de début de nuit.

Sarkozy est légèrement obsessionnel. "Il téléphonait deux fois par semaine. Il voulait avoir les audiences et surtout nous dire : 'Il faut que tu voies Truc ou Machin'", poursuit Patrice Duhamel. Et l’ancien chef de l’Etat pousse pour imposer des noms. Béatrice Houchard écrit :

Il voulait ainsi caser les frères Bogdanov, qui avaient travaillé avec son fils Pierre, et Patrick Sabatier, qui a fini par remplacer un temps Nagui. Mais surtout, il voulait que le service public offrît une émission à David Hallyday. Pendant deux ou trois mois, il appelle donc deux fois par semaine (voire plus) Patrice Duhamel pour revenir à la charge.

Un peu plus tard, Patrice Duhamel est interpellé sur ce sujet par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant. Le plus sérieusement du monde, ce dernier lui glisse :



Faites quelque chose. Il ne me parle que de ça, car Johnny ne le prend plus au téléphone.

On n'a pas grand-chose d'autre à dire à ce sujet. Alors on pose ça là.

Du rab sur le Lab

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