Questure et vice-présidents : pour Claire O’Petit (LREM), Richard Ferrand a été "extrêmement défaillant"

Publié à 15h01, le 15 août 2017 , Modifié à 15h15, le 15 août 2017

Questure et vice-présidents : pour Claire O’Petit (LREM), Richard Ferrand a été "extrêmement défaillant"
© Capture d'écran RMC
Image Amandine Réaux


Les néodéputés La République en marche (LREM) se sont vu reprocher leur amateurisme pendant les premières semaines de la législature. Dès même le deuxième jour, la majorité avait mis une pagaille incroyable à l’Assemblée nationale. La faute incombe en fait non pas aux élus novices, mais à Richard Ferrand, balance Claire O’Petit. La députée LREM s’en prend à son président de groupe en ce mardi 15 août, lors de l’émission Les Grandes gueules (où elle était précédemment chroniqueuse) de RMC. Elle déclare :



Il a été extrêmement défaillant quand nous avons dû voter pour [le troisième questeur, NLDR]. Normalement, il y avait deux personnes des Républicains que nous devions élire [entre lesquelles nous devions choisir, NDLR] et il n’y a pas eu de préparation avant, contrairement à ce qu’on peut nous dire. Nous avions le choix entre Ciotti et Solère. Et là, nous n’avons pas pris le temps de parler, politiquement, qu’est-ce qui allait se passer si toutefois nous ne votions pas pour un Républicain. Moi, je suis désolée, quand j’ai vu [pour] qui nous devions voter, la question ne s’est même pas posée pour moi. C’était Solère automatiquement. Mais je n’ai pas eu l’analyse politique. Et là, Richard Ferrand ne nous a pas réunis pour parler, attention, politiquement, qu’est-ce qu’il doit se passer ? [...] C’était surtout pour les idées, pas pour l’image politique. Ce qui s’est passé, c’est que Solère a été élu. Là, y’a eu le caca boudin, évidemment, des Républicains qui ont dit : 'Bah puisque c’est ça, nous on se présente pas [aux postes de vice-présidents, NDLR]. Ça bloquait tout.

Et là où Richard Ferrand n’a absolument pas été à la hauteur, mais vraiment pas à la hauteur, je suis désolée de le dire mais c’était une catastrophe : on s’est tous retrouvés, les 300 et quelques, dans les couloirs en disant, qu’est-ce qu’il se passe, qu’est-ce qu’on fait ? Voilà, on arrive, hein, on ne connaissait pas. Nous avons eu une grande salle pour se réunir, il y en avait qui étaient déjà partis au bar, enfin bref tout le monde n’était pas là. Ou on était complètement bloqués, ou il fallait élire deux personnes en attendant que Les Républicains reviennent sur leur décision et puissent être là. [...]

Il n’avait pas du tout prévu qui pourrait remplacer [les deux vice-présidents]. Ça a été : 'Qui veut le faire ?' Tu en as qui sont sortis du rang en disant 'moi, moi, moi'. Y’a un jeune homme qui est arrivé devant moi en disant 'moi', je lui ai dit : 'Mais t’es qui, toi ?' Donc on ne connaissait pas, il y avait rien. On se retrouve avec deux personnes qui ne connaissaient rien. Et il a pas su tenir le groupe à ce moment-là.


À en croire Claire O’Petit, les députés de la majorité n’avaient pas été prévenus qu’un des trois postes de questeurs – ceux qui tiennent les cordons de la bourse de l’Assemblée – revient traditionnellement à l’opposition. Alors, quand le Constructif Thierry Solère s’est présenté contre Éric Ciotti (Les Républicains, canal historique), elle (et d’autres, on imagine) lui a accordé son vote par proximité idéologique. Claire O’Petit laisse entendre qu’elle aurait pu élire Éric Ciotti si Richard Ferrand avait expliqué à son groupe les codes de l’Assemblée nationale.

Cet épisode lors duquel Thierry Solère avait chipé la questure à Éric Ciotti avait conduit Christian Jacob (patron du groupe LR) à menacer de boycotter le bureau de l’Assemblée, où doivent siéger, selon les us, deux vice-présidents de l’opposition (sur six vice-présidences). Le "caca boudin" en question évoqué par Claire O’Petit.

Claire O’Petit reproche par ailleurs à Richard Ferrand de n’avoir "pas su tenir son groupe" au moment de la désignation de deux candidats supplémentaires pour la vice-présidence de l’Assemblée nationale.

Un beau recadrage en perspective lors de la rentrée parlementaire.

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