Rama Yade pointe le "sentiment d’exclusion" révélé par l’affaire Adama Traoré

Publié à 11h47, le 01 août 2016 , Modifié à 12h22, le 01 août 2016

Rama Yade pointe le "sentiment d’exclusion" révélé par l’affaire Adama Traoré
© CYRIL FOLLIOT / AFP

Les réactions politiques ont été plutôt discrètes, voire quasi-inexistantes après la mort d’Adama Traoré le 19 juillet lors de son interpellation. Si le Parti socialiste, quatre jours plus tard, s’est dit "profondément touché", réclamant la "transparence sur les circonstances du drame", le gouvernement ne s’est pas exprimé.

La famille du jeune homme de 24 ans, habitant de Beaumont-sur-Oise, réclame la "vérité", alors que les circonstances du décès n’ont pas été élucidées. Invitée d’iTélé ce lundi 1er août, Rama Yade s’est montrée "sceptique sur le traitement de l’affaire". Surtout, elle a exhorté le gouvernement à réagir, dénonçant un "sentiment d’exclusion dans lequel vont se reconnaître beaucoup de jeunes", "tous ceux qui ressemblent à la famille de Monsieur Traoré" :

Je vois la détresse d’une famille qui ne se satisfait pas d’une vérité qui lui a été apportée. On n’a pas entendu le ministre de l’Intérieur, ni le Premier ministre sur cette affaire. Or ça a des conséquences très concrètes - ce que je vous disais sur les violences à Beaumont-sur-Oise. Ce sentiment d’exclusion dans lequel vont se reconnaître beaucoup de jeunes, ce n’est pas juste la famille de Monsieur Traoré, c’est tous ceux qui ressemblent à la famille de Monsieur Traoré qui peuvent se projeter dans cela. Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de la fracture identitaire. Les pouvoirs publics doivent apporter de la considréation à cette famille désoeuvrée. Elle a posé des questions auxquelles elle n’a pas eu de réponse. Le désir de comprendre n’est pas un crime, n’est pas un délit.

Selon Rama Yade, cette affaire montre qu’il faut "travailler sur le rapprochement entre jeunes et forces de l’ordre". Pour cela, l’ex-ministre prône la mise en place de deux mesures, égratignant au passage les deux derniers Présidents : la restauration de la police de proximité, "supprimée par Nicolas Sarkozy, ça a été une erreur", et "l’expérimentation du fameux récépissé du contrôle au faciès, qui était une promesse de François Hollande qu’il n’a pas tenue".

Deux autopsies ont été réalisées sur le corps d'Adama Traoré, 24 ans, pour faire la lumière sur les circonstances de sa mort. Les deux autopsies ont exclu que le jeune homme ait subi des violences, mais confirmé la mort par "asphyxie", comme l'ont révélé les avocats de la famille. Les réponses attendues par la famille, qui s’est vu refuser une troisième autopsie, pourront être apportées par l'ensemble des analyses (bactériologie, toxicologie, anatomopathologie) dont les résultats sont attendus dans le courant du mois d'août.

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