Rare allié du gouvernement, le PRG "suspend sa participation" à "La Belle Alliance Populaire"

Publié à 20h25, le 29 juin 2016 , Modifié à 21h23, le 29 juin 2016

Rare allié du gouvernement, le PRG "suspend sa participation" à "La Belle Alliance Populaire"
Sylvia Pinel et Jean-Michel Baylet © Montage Le Lab via AFP

C'est plus ou moins le dernier allié du gouvernement. Mais on sentait bien, au travers des récentes prises de position de Sylvia Pinel qui aspire à en prendre la tête, que le PRG n'était plus follement attaché au PS. En tout cas pas pour ce qui concerne la future primaire de "La Belle Alliance Populaire". Et le Parti radical de gauche vient de faire un premier pas vers une forme de rupture.

La formation longtemps présidée par Jean-Michel Baylet, qui dispose encore de plusieurs ministres dans le gouvernement de Manuel Valls, a en effet décidé de quitter "La Belle Alliance Populaire" lancée par Jean-Christophe Cambadélis au mois d'avril. Une "suspension" actée en bureau politique ce mercredi 29 juin, comme l'a rapporté un journaliste du JDD :

Le parti l'a ensuite confirmé via communiqué. Le PRG "a entériné la suspension de la participation des Radicaux de gauche à 'la Belle Alliance Populaire'", est-il écrit. Le PRG considère que ce mouvement de soutien à l'action gouvernementale, qui se veut un moyen de "dépasser" le PS, "ne peut devenir un simple mouvement satellite du Parti socialiste". Il veut surtout "obtenir des clarifications sur ces dysfonctionnements ainsi que sur la décision unilatérale du PS d’organiser des primaires [sic] entre les composantes de la BAP en vue de l’élection présidentielle de 2017" et a "mandaté Sylvia Pinel et la Direction nationale du parti pour rencontrer les représentants du Parti socialiste" à ce sujet.

Le PRG semble donc moyennement chaud pour participer à la primaire de la "gauche de gouvernement", organisée fin janvier 2017 et destinée à désigner un champion à gauche pour la prochaine présidentielle. En tout cas sous cette forme. C'est une confirmation puisqu'il y a une dizaine de jours, Sylvia Pinel avait déjà dit sans ambages tout le mal qu'elle pense de cette primaire ainsi présentée. Sur Twitter, la députée du Tarn-et-Garonne et ex-ministre du Logement avait fustigé par avance ce "simulacre" ou cette "parodie de primaires [sic]" :

En 2011, Jean-Michel Baylet avait participé à la primaire socialiste, lors de laquelle il avait récolté 0,6% des voix. Le PRG avait depuis été un partenaire menaçant de partir à tout moment mais finalement toujours fidèle. Auprès du Lab, un membre de la direction du PRG explique que la question pour 2017 n'a pas encore été tranchée définitivement. Le secrétaire national du PRG Pascal-Éric Lalmy affirme : 

 

"

En l'état actuel, nous ne prenons pas de décision sur ce sujet, je pense que le débat sur notre stratégie sera au cœur de notre congrès de La Rochelle [en septembre, ndlr].

"

Reste à savoir comment seront gérées les relations entre le PRG et le PS désormais, alors qu'il reste un an de mandat présidentiel. Nul doute que les ministres radicaux Jean-Michel Baylet, Thierry Braillard et Annick Girardin vont se retrouver dans une situation pour le moins inconfortable.



À LIRE SUR LE LAB :

Petite révolution au PRG, dont l'élection à la présidence ne sera pas vérrouillée

Du rab sur le Lab

PlusPlus